Le président américain Barack Obama, chahuté au cours d'un été marqué par un débat houleux sur la réforme santé accompagné de mauvais sondages, se présentera mercredi soir devant le Congrès pour tenter de reprendre la main sur l'une de ses grandes priorités législatives.
Ce discours interviendra au lendemain de la rentrée parlementaire, après un mois d'août au cours duquel la cote de popularité de M. Obama a chuté alors que les doutes entourant son projet d'étendre la couverture santé se multipliaient.
Dès le 6 août, à la veille de son 200ème jour à la présidence, la popularité de M. Obama est tombée à 50%, soit le taux le plus bas depuis son investiture. Depuis, sa cote reste à des niveaux comparables.
Par ailleurs, M. Obama a perdu l'un de ses plus solides soutiens, le sénateur Edward Kennedy, décédé le 25 août à l'âge de 77 ans. Ce poids lourd de la politique américaine avait fait de la réforme santé "la cause de sa vie".
Dans ce contexte, le discours de mercredi apparaît comme un test crucial pour le président, qui par ailleurs est mis en difficulté sur le front afghan où la guerre devient de plus en plus impopulaire.
Août 2009 a été le mois le plus meurtrier pour l'armée américaine depuis le début du conflit fin 2001. Selon un sondage publié mardi, près de six Américains sur 10 sont opposés à la guerre en Afghanistan.
Selon son porte-parole, Robert Gibbs, M. Obama défendra dans son discours un système controversé d'assurance santé publique à créer en parallèle aux assurances privées existantes.
"Le président souhaite promulguer une loi cette année. Le président croit fermement que nous devons avoir une telle option pour apporter le choix et la concurrence, pour créer un contrôle sur les compagnies d'assurance", a déclaré M. Gibbs dimanche sur la chaîne de télévision ABC.
Cette option a rencontré une farouche opposition de la part des républicains et d'une partie des démocrates modérés. "Mettons de côté les choses sur lesquelles nous ne pourrons pas tomber d'accord, les républicains ne vont pas accepter l'option publique. C'est une mauvaise idée", a déclaré dimanche sur CNN l'un des ténors du parti conservateur, le gouverneur du Minnesota Tim Pawlenty, qui espère toutefois une solution sur la base d'un accord entre les deux partis.
Au centre, une poignée de sénateurs tentent de trouver des solutions acceptables par les deux côtés. Le démocrate Ben Nelson et la républicaine Olympia Snowe se sont par exemple prononcés pour une solution de couverture publique qui jouerait le rôle d'un "filet de sécurité", c'est-à-dire qui serait activée dans le cas ou les compagnies d'assurances ne seraient pas en mesure d'assurer des prestations abordables. Mais de son côté, l'aile gauche du parti démocrate attend un signal fort du président mercredi soir.
Jeudi, la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a lancé son message le plus fort à ce jour sur la réforme santé: elle entend ne pas céder sur l'option publique. "Un projet de loi sans option publique forte ne sera pas adopté à la Chambre", a-t-elle averti.
C'est à l'invitation de Mme Pelosi et du chef démocrate du Sénat Harry Reid que M. Obama a accepté, événement rare, de s'exprimer devant les deux chambres du Congrès mercredi soir, à 20H00 (02h00 HB jeudi), une heure de grande écoute à la télévision.
Le projet de réforme de l'assurance santé, qui vise à fournir un accès aux soins aux 47 millions d'Américains qui en sont dépourvus, a été au coeur de la campagne électorale de l'actuel président. (belga)


