Junior pourrait être renvoyé devant les assises

sauvegarder
Par: rédaction
23/09/09 - 17h30
Marcelle, 76 ans et Anaïs, 18 mois. La grand-mère et sa petite fille ont été sauvagement assassinées par Junior Kabunda, 19 ans, MISE À JOUR
Céline, la maman d'Anaïs, a été laissée pour morte avant de parvenir à appeler les secours.

Le parquet de Bruxelles a l'intention de demander dans le cadre du dossier du meurtre du pianiste Benjamin Rawitz tué à son domicile le 30 août 2006 à la rue des Minimes à Bruxelles, le renvoi aux assises de Junior Kabunda, le jeune homme de 19 ans qui a tué le week-end dernier sa fille d'un an et demi et la grand-mère de son amie.

Le ministère public va requérir le 5 octobre prochain le dessaisissement du tribunal de la Jeunesse dans le cadre de ce meurtre, pour lequel le jeune suspect, qui avait 16 ans au moments des faits, est en aveu.

"Rapports positifs"
La position du ministère public était connue avant le drame qui s'est produit dimanche rue du Mistral à Woluwe-Saint-Lambert L'avocat du jeune suspect, Me Gabie-Ange Mindana, avait l'intention de plaider le non-dessaisissement. Il affirme qu'il disposait d'arguments solides.

"Tous les rapports sont positifs au niveau de la réinsertion de mon client. Les psychologues, les éducateurs mais aussi des experts externes à l'IPPJ de Braîne-le-Château étaient unanimes à son sujet", a réagi l'avocat.

Récidive
Le juge de la Jeunesse ne devrait pas être directement influencé par le double meurtre commis dimanche à Woluwe-Saint-Lambert dans sa décision de se dessaisir ou non de l'affaire du meurtre du pianiste, mais les nouveaux faits de dimanche seront déterminants dans l'analyse de la personnalité du jeune suspect. Le juge de la Jeunesse devra déterminer si Junior Kabunda est perméable aux mesures éducatives et protectionnelles. Il devra prendre en considération notamment le risque de récidive.

Pour l'avocat, les mesures protectionnelles prononcées par un juge de la Jeunesse gardent tout leur sens même pour un jeune placé en détention préventive. Dès le moment où Junior Kabunda a été placé sous mandat d'arrêt, le juge de la Jeunesse a ordonné automatiquement la fin du placement du jeune homme en IPPJ.

Tous les week-ends depuis avril
"Il n'y a pas que la mesure du placement mais tout un arsenal. Un juge peut prononcer par exemple des travaux d'intérêt général ou une réprimande. Il faut en tout cas scinder les dossiers du premier meurtre aux faits de Woluwe", a précisé l'avocat.

Selon Me Mindana, Junior Kabunda passait tous les week-ends depuis avril dans sa belle-famille. Au bout de quinze semaines de placement en section fermée de Braîne-le-Château, il a pu bénéficier de ses premières sorties encadrées, sous la surveillance d'un éducateur. Il a pu sortir de manière autonome à partir du sixième mois de placement en IPPJ. Aucune plainte ou aucun geste de violence n'a été rapporté à l'IPPJ.

"Il a construit beaucoup de choses à l'IPPJ"
D'après l'avocat, toutes les visites se sont déroulées normalement. Le parquet ou le juge de la Jeunesse n'interviennent pas dans les autorisations de sortie qui sont accordées uniquement par les IPPJ dans le cadre du projet pédagogique des mineurs. Junior Kabunda espérait pouvoir sortir du centre de l'IPPJ pour la fin du mois d'octobre, en vue de rejoindre son amie et sa fille.

"C'est un garçon qui a construit beaucoup de choses ici en IPPJ. Il aspirait à retrouver une vie normale. On va continuer ce travail. Tant qu'il y a de la vie, il y a encore de l'espoir", a déclaré Me Gabie-Ange Mindana. L'avocat a été très surpris par la nouvelle du double meurtre mais ne s'est pas pour autant senti trahi.

"Rien ne laissait présager un tel drame"
"Il s'en est pris à ce qu'il avait de plus cher au monde. C'est évidemment humainement difficile à vivre pour un avocat, surtout qu'aucun indice ne laissait présager un tel drame. Au contraire, mon client était sur le point d'être réinséré", a réagi Me Mindana. L'avocat craint que ce drame ne soit un nouveau prétexte pour réformer la loi sur la protection de la Jeunesse.

"Il faut pouvoir évaluer un système dans sa globalité et pas uniquement à partir d'un cas particulier, aussi dramatique soit-il. J'ai des craintes de voir tout un système qui a fait ses preuves tomber à l'eau. Il ne faut pas oublier les centaines de jeunes placés en IPPJ qui ont réussi à se réinsérer", a-t-il dit.

Junior Kabunda passera devant la chambre du conseil de Bruxelles vendredi dans le cadre de l'affaire du double meurtre pour lequel il est également en aveu. Le jeune homme a été inculpé par le juge d'instruction Olivier Leroux de meurtre et tentative de meurtre ainsi que du viol de l'arrière-grand-mère de sa fille. (belga/chds)

Votre avis nous intéresse!