Un navire japonais attaqué par des pirates au large de la Somalie
Un navire japonais transportant des véhicules d'occasion a été attaqué par des pirates au large de la Somalie, mais a réussi à s'échapper, a annoncé lundi la compagnie maritime Mitsui OSK Lines.
La société de fret maritime, l'une des plus importantes du Japon, a indiqué que son navire Jasmine Ace, battant pavillon des îles Cayman, avait essuyé des tirs provenant de deux canots hors-bord dimanche en fin d'après-midi, à quelque 900 km à l'est des côtes somaliennes.
Equipage sain et saufL'attaque n'a pas fait de victime, mais le bateau, qui transporte 377 véhicules d'occasion, a subi des dommages sur la coque et les vitres du poste de pilotage, a précisé Mitsui OSK Lines dans un communiqué.
"Notre navire a accéléré et a zigzagué pendant une quarantaine de minutes" afin d'échapper à ses poursuivants, a-t-elle ajouté.
Cet incident survient un peu plus d'une semaine après le départ de deux destroyers japonais à destination de la Somalie, où ils auront pour mission, pour l'instant, de protéger uniquement les bateaux japonais ou ayant un lien avec le Japon.
Les deux navires de guerre, qui vont rejoindre les navires de patrouille américains, européens et chinois déjà dans la région, transportent chacun deux hélicoptères de patrouille et deux hors-bord, et quelque 400 soldats et garde-côtes au total.
Usage des armesCette mission controversée pourrait être la première occasion pour les soldats japonais de faire usage de leurs armes à l'étranger, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.
Adoptée après la défaite de 1945, la Constitution pacifiste du Japon prévoit que les Forces d'auto-défense - nom officiel de l'armée - ne peuvent faire usage de leurs armes qu'en cas d'agression contre l'archipel ou contre des ressortissants japonais.
Un projet de loi soumis au Parlement japonais prévoit d'autoriser les deux destroyers à ouvrir le feu, après plusieurs coups de semonce, contre des bateaux pirates qui s'approcheraient également de navires étrangers.
Dans la même région, deux navires de la marine française ont secouru samedi la trentaine de membres d'équipage d'un cargo panaméen à quelque 500 km au large des côtes somaliennes, a annoncé lundi l'état-major des armées à Paris.
"La Jeanne d'Arc et le Georges Leygues ont reçu samedi matin un appel de détresse du Sibley 1, en transit de Mombassa (Kenya) vers Penang (Malaisie)", a expliqué le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck de l'état-major des armées françaises.
Evacuation"L'équipage du cargo signalait un feu à bord qu'il est parvenu à maîtriser mais en déversant d'importantes quantités d'eau dans les cales, au risque de menacer sa stabilité", a-t-il précisé.
Contraints d'évacuer leur navire, les 31 membres d'équipage: un Chilien, un Espagnol, un Péruvien, deux Russes et 26 Indonésiens ont été recueillis par les deux bâtiments français.
Selon le commandant Prazuck, le Sibley 1, un cargo de 48 mètres de long qui transportait des céréales et du poisson congelé, accusait lundi "une très forte gîte avec de l'eau au niveau du pont principal. Dès que la mer forcera, il devrait couler".
La Jeanne d'Arc et le Georges Leygues participent du 20 au 27 mars à l'opération européenne Atalante de lutte contre la piraterie dans le golfe d'Aden. (belga)