Un juge ordonne la libération de 7 pirates somaliens présumés
Se pliant de mauvaise grâce aux réquisitions du parquet, un juge espagnol a ordonné vendredi la remise en liberté de sept pirates somaliens présumés, capturés mercredi par un navire de guerre espagnol, tout en s'opposant à ce qu'ils soient remis aux autorités kenyanes.
Le parquet avait demandé vendredi au juge Fernando Andreu de renoncer à faire emprisonner en Espagne ces sept pirates présumés, réclamant leur remise à la justice kenyane, en vertu d'un accord passé en mars entre l'Union européenne (UE) et ce pays africain, afin qu'ils y soient jugés.
Le juge Andreu avait ouvert jeudi une enquête sur ces pirates présumés et ordonné leur incarcération, se fondant sur le nouveau délit de piraterie maritime, voté en Espagne après l'attaque en avril 2008 d'un thonier espagnol au large de la Somalie.
Il a indiqué vendredi avoir ordonné leur remise en liberté "par impératif légal", se référant aux réquisitions contraignantes du parquet en matière de détention provisoire, tout en exprimant son "total désaccord" avec ce dernier.
Le juge espagnol s'oppose par ailleurs à la remise des pirates présumés aux autorités du Kenya, car il juge que cela porterait atteinte à leurs droits, une enquête judiciaire étant déjà ouverte en Espagne.
Les sept pirates présumés ont été capturés par le navire militaire espagnol Marques de la Ensenada, participant à l'opération antipiraterie européenne Atalante, alors qu'ils étaient tombés à l'eau après l'échec d'un assaut.
Le gouvernement espagnol a par ailleurs annoncé jeudi la capture par un bâtiment de guerre espagnol de sept autres pirates présumés qui semblaient préparer une attaque contre un navire de commerce maltais au large des côtes somaliennes.
Au moins vingt navires sont actuellement aux mains des pirates qui retiennent captifs plus de 300 marins en attendant le dénouement de négociations sur le montant des rançons et les modalités de leur paiement.
Selon le Bureau maritime international (BMI), les attaques ont décuplé au cours du premier trimestre 2009 par rapport au premier trimestre 2008, passant de 6 à 61.
Sur la même période, le nombre de bateaux militaires dans la zone a été multiplié par trois, pour atteindre une vingtaine, de source militaire.