L'OTAN va poursuivre sa mission anti-piraterie
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L'OTAN a décidé vendredi de prolonger la présence de navires de guerre pour lutter contre la piraterie au large de la Somalie en y dépêchant la seconde de ses forces navales permanentes, qui prendra le relais des bâtiments actuellement présents sur zone, a annoncé son secrétaire général, Jaap de Hoop Scheffer.
"Standing NRF Maritime Group 2""Nous avons un accord. Le 'Standing NRF Maritime Group 2' (SNMG-2) va prendre début juillet le relais" d'une force jumelle, le SNMG-1, présent sur zone depuis le 24 mars et jusqu'au 28 juin, a affirmé M. de Hoop Scheffer lors d'une conférence de presse clôturant une réunion de deux jours des ministres de la Défense alliés au siège bruxellois de l'OTAN.
Les SNMG sont des forces permanentes que l'OTAN réserve normalement à l'appui de sa force de réaction rapide, la "NATO Response Force" (NRF). La seconde d'entre elles est actuellement composée de six navires - deux destroyers et trois frégates fournis par l'Italie, la Grèce, la Turquie, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, et un navire ravitailleur espagnol.
"Ocean Shield"Mais "d'autres nations pourront se joindre à terme", a souligné M. de Hoop Scheffer, se félicitant que l'OTAN puisse ainsi "continuer à jouer son rôle dans la lutte contre la piraterie" au large de la Corne de l'Afrique. L'Allemagne pourrait ainsi y dépêcher une frégate en août, selon des diplomates allemands.
Cette nouvelle opération sera baptisée "Ocean Shield" ("Bouclier océanique"), a pour sa part précisé le porte-parole de l'OTAN, James Appathurai. Il a laissé entendre qu'un bref intermède pourrait séparer les deux missions, soulignant que le SNMG-2 rejoindra le Golfe d'Aden "le plus rapidement possible", mais sans préciser la durée de sa mission.
Coopération avec "Atalanta"Cette opération est destinée à agir en coopération avec celle menée par l'Union européenne, "Atalanta", qui comprend onze navires, trois avions de patrouille maritime et deux navires logistisques provenant d'Allemagne, de d'Espagne, de France, de Grèce, d'Italie et de Suède.
Pour éviter toute duplication entre les deux forces, celle de l'OTAN couvrira une zone plus vaste, s'étendant jusqu'aux îles Seychelles, a precisé le ministre allemand de la Défense, Franz Josef Jung. Ce qui représente une zone de cinq millions de km2, l'équivalent de la moitié du territoire américain.
Difficultés légales pour "Allied Protector"
La mission actuelle de l'OTAN, baptisée "Allied Protector", a été marquée par des difficultés légales, chaque marine appliquant sa législation nationale alors que certains pays ne disposent d'aucune disposition pour décider du sort de pirates arrêtés dans les eaux internationales.
En avril, trois bâtiments de l'OTAN, assistés par deux helicopters, ont appréhendé sept pirates à l'issue d'une course-poursuite nocturne, mais ont été obligés de les libérer "conformément aux dispositions légales nationales". L'Union européenne, qui dispose d'une personnalité juridique propre, a quant à elle conclu un accord sur le transfèrement des pirates capturés avec le Kenya, qui devrait les juger.
Kenya et Seychelles, partenaires potentiels M. De Hoop Scheffer a souligné que l'OTAN devait encore poursuivre la mise au point du concept d'opération. Mais il avait indiqué jeudi que l'Alliance "travaillait sur les mêmes lignes" que l'UE. Selon des responsables de l'OTAN, le Kenya, les Seychelles et deux autres pays de la région sont des partenaires potentiels.
Les marines du Japon, des Etats-Unis et de la Chine, entre autres, participent également à la sécurisation de la région, alors que les pirates somaliens ont intensifié depuis le début de l'année leurs attaques contre les navires marchands croisant au large de leurs côtes. (belga/th)