Cinq excellentes raisons de quitter Facebook
Au boulot, à la maison, au bar avec vos amis (sur votre smartphone), distraitement devant la télé (sur votre portable), dans votre tête pendant toute une semaine de vacances à cause d'une photo que vous n'auriez pas dû publier, ou toute la nuit pour un commentaire acerbe et regrettable sur le profil d'un ami, bref, Facebook est partout, Facebook vous poursuit et vous envahit, Facebook vous pourrit la vie!
Mais vous l'aimez trop, vous ne pouvez plus vous en passer, vous êtes accros, impossible de décrocher! Voici quelques pistes de réflexion pour doucement et rationnellement vous désintoxiquer.
1°) Mark ZuckerbergLe fondateur-gourou-PDG de Facebook aurait créé le réseau social incontournable dans un contexte très louche,
comme vous pouvez le lire sur 7sur7. Trahison, vol et espionnage, rien ne manque pour faire de la genèse de Facebook un film noir peu glorieux. Si en plus vous croyez les histoires selon lesquelles le geek boutonneux (et mal dans sa peau) Mark Zuckerberg aurait créé Facebook pour plaire aux filles sur le campus de Harvard, avouez que le charme, à défaut d'être rompu, commence à se fissurer. Créer un réseau social juste pour avoir plus d'amis que les autres, c'est un peu triste, non?
2°) Facebook rentabilise votre vie privéeNon seulement Facebook possède la propriété de vos données (ce pouquoi il veut tout savoir de vous), mais en plus il veut les faire connaître de tous, puisqu'il faut activement veiller à la confidentialité de vos données.
Mais le pire: Facebook gagne de l'argent en revendant vos données à des fins publicitaires, permettant aux annonceurs les plus susceptibles de vous intéresser de vous cibler très précisément. Quitte à se vautrer dans l'exhibitionnisme, créez votre propre blog ou site, arrangez vous pour le faire sponsoriser, et votre manque absolu de pudeur pourrait peut-être vous rapporter.
3°) Techniquement, c'est bof...Dépassé par son succès, Facebook ne parvient souvent pas à suivre: les erreurs sont normales sur le Net, mais l'on est en droit d'attendre d'un des sites les plus populaires de la planète qu'il tourne sans accroc.
Que le site soit indisponible, que vous ne parveniez pas à publier tel ou tel lien, ou que le message contenant le numéro de téléphone dont vous avez tant besoin là, maintenant, tout de suite, ne soit "temporairement" pas accessible, sont autant de raisons de pester contre ces machines (et leurs gestionnaires humains) dont nous dépendons trop.
4°) Arrêter Facebook ressemble à une cure de désintoxicationN'importe quel ancien fumeur, accro au jeu, toxicomane ou amoureux transi vous le dira: quand il est si difficile de se passer de quelque chose (en dehors de l'eau, de l'air et de la nourriture), cette chose ne peut pas être bonne pour vous. Pour quitter Facebook, impossible de faire ça lâchement par sms: il faut s'y rendre, ce qui vous rappelle tout ce que vous comptez abandonner, et vous rend la tâche d'autant plus ardue.
Comme tenter de mettre un terme à votre abonnement à la salle de fitness, lorsque Steve (belle carrosserie, moteur performant mais tableau de bord minimal) vous demande pourquoi vous désirez renoncer à votre rêve d'être enfin beau et fort comme lui. Il est en effet malaisé d'expliquer au sportif qui se tient devant vous que ce qui est superficiel finit toujours par s'évaporer...
Ne fût-ce que par politesse, vous hésitez à lui dire: "J'ai peur de devenir beau, fort, superficiel et stupide comme toi, Steve". Il faut donc quitter tout celà comme on arrache un pansement: par surprise, sans se poser de questions sur le moment même, et d'un coup sec!
5°) There's a life offline, guys and gals!En effet, vous l'avez peut-être oublié, mais vous étiez un être de chair et d'os avant: vous courriez avec insouciance dans des prairies verdoyantes sous un soleil chaleureusement câlin, riant à gorge déployée des cadeaux que nous offrent si généreusement la vie, la nature et toute(s) autre(s) force(s) qui selon vous rend(ent) toutes ces merveilles possibles.
L'adrénaline vous montait au cerveau dès que Lucy/Jean-Mouloud approchait, et votre coeur battait la chamade à l'idée de l'inviter boire une menthe à l'eau. Bien que naïve, cette version idyllique d'une vie qui vaut son pesant d'air pur et de chlorophylle restera toujours plus épanouissante que de se contenter de "poker" la miss/le mister en question dans l'espoir que vos photos de profil le/la séduisent suffisament pour entamer un chat improbable qui ne mène que rarement à une vraie histoire dans le vrai monde physique. Et lorsque suite il y a effectivement, elle est quasi systématiquement décevante, Photoshop ne tournant que très mal sous l'OS "Vraie Vie 2010".
Si vous ne parvenez pas à avoir le dessus, quittez-le!Vous voici désormais armé pour lutter contre l'appel du réseau qui vous empêche depuis tant d'années de mener une vie saine et épanouissante. Et surtout n'oubliez pas: vous aimez Facebook, mais Facebook ne vous aimera jamais, même pas un petit peu.
Maintenant que vous vous posez toutes les bonnes questions sur le sens de la vie et l'insoutenable légèreté du Net, je dois vous laisser car il me faut absolument mettre à jour mon statut...
Thomas Halter