"Ecolo fédère les mécontents en période de crise"

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Par: rédaction
2/06/09 - 08h00

Joëlle Milquet ferme le bal de nos interviews pré-électorales réalisées auprès des quatre présidents de parti.

Présidente du cdH depuis 1999, elle incarne le renouveau d'un PSC qui n'arrivait plus à quitter l'opposition. Récemment, c'est au cours des négociations menées au sein de l'orange bleue que la charismatique présidente s'est distinguée sur la scène nationale, son intransigeance lui valant de remporter le surnom de "Madame Nee".

Qu'en est-il aujourd'hui de la popularité de Joëlle Milquet? Le cdH parviendra-t-il à passer le cap du 7 juin? En attendant un scrutin déterminant pour son parti, la leader des chrétien-démocrates a répondu aux nombreuses questions qui lui étaient adressées par les lecteurs de 7sur7 et sélectionnées par la rédaction.

Certains évoquent le fait qu'à force d'être aussi proche du PS, le cdH manqué d'identité propre. Ne croyez-vous pas que cette alliance est en train de vous porter préjudice, au vu des scandales qui secouent le PS? (Eric coppin, Jean-Pierre Heinen)
D'abord, les scandales ne nous concernent en rien. Ils ne touchent pas un ministre, pas un parlementaire cdH. Ensuite, je préfère un parti qui met au jour les scandales et qui suite à ceux-ci impose des règles éthiques au lieu d'avoir comme sous la législature PS-MR-Ecolo des affaires dont on connaissait l'existence mais qui n'étaient pas révélées.

Nous ne sommes pas plus proches du PS que les autres. Je gouverne avec le PS en Wallonie, avec Ecolo à Bruxelles et avec le MR au fédéral, je suis dès lors équidistante. Le cdH a eu un contrat à durée déterminée avec le PS en 2004. Je rappelle aux électeurs qui ont la mémoire courte qu'à l'époque, le PS avait obtenu 35 sièges sur l'ensemble du parlement wallon, une victoire écrasante. Nous avions également gagné les élections alors qu'Ecolo s'était effondré à 7-8% après une gestion désastreuse de l'exécutif, de même que le MR suite à l'affaire Ducarme.

Les deux partis gagnants étaient donc le PS et le cdH et je rappelle qu'aucune autre coalition n'était possible car il n'y avait pas assez de voix pour cela. Nous avons donc mis sur pied une coalition de partis différents car je ne suis pas socialiste et je ne le serai jamais. Le PS fait ce genre de coalitions avec le MR depuis plus de 10 ans au féderal ainsi que dans les provinces et les communes.

Une coalition n'est pas un "scotchage". Nous avons eu énormément de divergences avec le PS sur le fond. Mais je suis quelqu'un de correct et j'ai réglé ces différends de l'intérieur comme je le fais lorsque je ne suis pas d'accord avec Didier Reynders ou n'importe qui d'autre: je ne les critique pas à l'extérieur. Le contrat avec le PS se termine et nous avons les mains libres, ce sera donc aux électeurs de donner un signal.

Que pensez-vous des mots de Didier Reynders à l'égard du PS?
Je pense que si l'on traite un parti d'infréquentable, on quitte tous les exécutifs avec lesquels on gouverne avec lui. Comme le disent Jean-Michel Javaux ou Louis Michel, les partis infréquentables sont les partis d'extrême droite et ceux qui sont infréquentables, ce sont les personnes qui sont mouillés dans des affaires. Ceci dit, le parti socialiste a aussi en son sein des gens très compétents comme Charles Picqué ou Rudy Demotte. Les personnes qui au MR ne paient pas leurs impôts sont infréquentables. Laissons les électeurs libres de donner leur voix en ceux en qui ils ont confiance.

Pensez-vous qu'il y a un manque d'éthique au PS?
Je pense que c'est une question de valeur personnelle. Il y a une addition d'affaires qui, ces derniers mois, se sont concentrées au PS et toutes doivent être condamnées avec la même radicalité.

Comment analysez-vous les résultats d'Ecolo dans les sondages? (Willy Haechtermans)
Ne faisons pas une campagne électorale sur les sondages, le seul sondage qui compte est celui du 7 juin. Cela n'a aucun de sens d'enfermer les électeurs dans des grilles de lecture que sont des sondages avec une marge d'erreur de 5-6%. Ecolo s'était tellement effondré lors des dernières élections, suite à des problèmes de gestion et de compétence, qu'il ne peut que remonter et tant mieux pour lui. En période de crise, il est normal qu'il fédère des mécontents puisqu'il n'y a pas beaucoup de partis d'extrême droite attractifs. Il y a beaucoup de silence d'Ecolo en ce moment, peu de propositons nouvelles. Ecolo se tait car il ne veut pas déplaire.

Quelle est votre position sur le port du voile à l'école? (A. Mascaux)
Notre position est claire et l'a toujours été, contrairement au MR qui avait d'abord opté pour la liberté de principe dans toutes les écoles et qui le nie deux ans après, de même qu'Ecolo qui a fait un rectificatif il y a quelques jours. Nous sommes pour le libre choix religieux, en accord avec la constitution, ainsi que pour le libre choix du directeur d'école.

Que faut-il faire du décret mixité? L'abroger ou le continuer à le mettre en oeuvre? (Isabelle Claes)
Le décret était une erreur et nous avons exigé son retrait. Il va falloir maintenant repartir d'une page blanche en travaillant avec les acteurs de terrain pour avoir des écoles d'excellence pour tous.

Le cdH est-il prêt à négocier une réforme de l'état? Vos positions en la matière ont-elles changé depuis les dernières négociations? (Vera Loire)
Je suis cohérente et quand je m'engage, je fais. Je pense qu'il était important d'avoir un parti qui dise non à l'inacceptable et oui au raisonnable. Les Flamands auraient déjà pu obtenir une réforme de l'état s'ils n'avaient pas voulu imposer des choses telles que la scission de la sécurité sociale. Depuis lors, la NVA n'est plus là et tout le monde a compris qu'il y a des choses inacceptables sur lesquels on ne peut revenir. Je suis cependant prête à faire des compromis constructifs. Il faut avancer mais pas à n'importe quel prix et conserver cette fermeté car c'est l'honneur des francophones.

Quelles sont vos priorités en région bruxelloise? (Daniel Fery)
D'abord, l'éducation et l'enseignement en misant tout sur la qualification des 0-25 ans, doubler les offres de formation professionnelles, lutter contre la ghettoïsation, accompagner les demandeurs d'emploi. Deuxièmement, augmenter l'offre de logements sociaux. Continuer ensuite la réforme d'Actiris et doper la création d'emplois dans les secteurs porteurs comme les services à la personne et les emplois "verts". Quatrièmement, réduire le nombre de voitures, augmenter l'offre de transports publics et concrétiser leur gratuité.

Vous avez annoncé, comme objectif pour 2009, la gestion de la crise. Comment cela se concrétise-t-il?
Je le fais déjà depuis un an et l'on voit à présent arriver les résultats en matière d'emploi. On a une augmentation du chômage en Belgique moindre que dans les autres pays et bien moindre en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandre. On a également une diminution du nombre de chômeurs pour les mois de mars et avril. Cela prouve que toutes les décisions économiques que nous avons prises empêchent d'aller vers des licenciements structurels et que le travail que nous avons fourni pour protéger les gens de la crise était bon.

Le programme complet du cdH

Propos recueillis par Viktoria Thirionet

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