"Le FDF devient un handicap, comme l'était la N-VA pour le CD&V"
Les chefs de file des libéraux flamands de Bruxelles, Guy Vanhengel et Sven Gatz, se sont dits déçus de la prise de position du président du MR, Didier Reynders, qui relève habituellement du fond de commerce du FDF et de son président, Olivier Maingain.
Si durant la semaine des élections, il y a toujours des politiciens qui ne pensent qu'au dimanche suivant, celui qui se considère comme un leader potentiel du pays ferait mieux de penser aussi au lundi
Steven Van Ackeren, vice-premier ministre fédéral et tête de liste du CD&V à Bruxelles
L'idée du président du MR Didier Reynders d'"aménager" une représentation flamande au parlement bruxellois qu'il juge trop importante a fait l'objet de réactions unanimement négatives dans les rangs des sections bruxelloises des formations flamandes démocratiques. Les têtes de listes de l'Open VLD, du CD&V et du sp.a ont notamment souligné, à leur manière, que la représentation garantie des néerlandophones au parlement bruxellois (17 sièges d'office sur 89) faisait partie de l'équilibre institutionnel du pays qui garantit par ailleurs une surreprésentation francophone à l'échelon fédéral.
Sur les ondes de la RTBF-radio, M. Reynders a dit rejoindre le président du FDF, Olivier Maingain. Pour lui, après les élections, il faudra reparler de la non-nomination des trois bourgmestres francophones de la périphérie et aussi de l'élargissement de Bruxelles ainsi que d'aménagements à apporter à la représentation flamande au parlement bruxellois, disproportionnée par rapport aux 8 à 15% de la population qu'elle représente.
Jeu dangereux"L'attaque de Didier Reynders est en contradiction flagrante avec le sentiment des Bruxellois. Celui qui joue avec de telles propositions, doit savoir qu'il joue avec le modèle bruxellois et au final avec le modèle belge", ont commenté les chefs de file des libéraux flamands de Bruxelles, Guy Vanhengel et Sven Gatz.
Stabilité menacéeCeux-ci se sont dits déçus de cette prise de position du président du MR, qui relève habituellement du "fond de commerce du FDF et de son président. Mais que le président liégeois du MR fasse ce genre de déclaration, c'est étrange car il se trouvait à la table des négociations en 2001 lorsque nous avons discuté de la représentation des Flamands à Bruxelles. Plus le MR suit le FDF, plus les chances d'une stabilité politique dans le pays s'amenuisent. Le FDF devient de plus en plus un handicap, comme l'était la N-VA pour le CD&V", ont-ils souligné.
Surreprésentation recherchéeDe son côté, le vice-premier ministre fédéral et tête de liste du CD&V à Bruxelles, Steven Van Ackeren, a jugé imprudente la sortie de Didier Reynders. "Il oublie que la représentation garantie des élus flamands au parlement bruxellois est destinées à répondre au voeu d'en faire l'assemblée de la capitale, c'est-à-dire dotée d'une représentation suffisamment forte de la plus grande communauté de notre Belgique fédérale. Évidemment qu'il y a une surreprésentation des Flamands en comparaison avec leur poids démographique. C'est expressément l'objectif visé", a-t-il dit.
Penser au dimanche... et au lundiSteven Van Ackere a par ailleurs affirmé que si "durant la semaine des élections, il y a toujours des politiciens qui ne pensent qu'au dimanche suivant, celui qui se considère comme un leader potentiel du pays ferait mieux de penser aussi au lundi".
Autre angleLe ministre et tête de liste sp.a Pascal Smet a choisi un autre angle d'attaque. Pour lui, Olivier Maingain et Didier Reynders veulent faire du parlement bruxellois une conférence des bourgmestres et échevins francophones et du gouvernement bruxellois l'exécutif des 19 communes.
Liste blanche"Olivier Maingain a plaidé en particulier pour une représentation politique plus conforme à la réalité sociologique de Bruxelles. Pourtant, la liste du MR proposée aux électeurs dimanche prochain est principalement une liste blanche ou quasi, toutes les places éligibles sont occupées par des bourgmestres et échevins", a commenté Pascal Smet.
Voter pour les idées, pas pour la langueLe ministre s'est dit partisan de listes urbaines, composées de candidats multilingues élus pour leurs idées, et non pour leur langue maternelle. (belga)