Damien Thiéry n'a pas pu coller ses affiches à Hal
Le bourgmestre non nommé de Linkebeek Damien Thiéry a été accueilli par des jets d'oeufs vendredi en fin de journée à Hal. Il s'y était rendu pour coller ses affiches électorales, alors que la commune avait interdit la présence d'affiches de formations non représentées au Conseil communal sur les panneaux électoraux officiels, jusqu'à ce que le tribunal de première instance juge mercredi ce règlement illégal et discriminatoire.
Il a été accueilli par quelques dizaines de militants du Taal AktieKomitee et du Voorpost en colère. Ceux-ci ont lancé quelques oeufs dans sa direction, aux cris de "Facliteiten, stommiteiten" (facilités, bêtises) et tenté en vain de rompre le cordon policier qui avait été disposé autour de lui, à son approche de l'emplacement des panneaux que le bourgmestre Dirk Pieters (CD&V) avait fait enlever.
Damien Thiéry a fait constater par l'huissier qui l'accompagnait qu'il ne lui était pas possible de présenter ses affiches à la population locale. Son objectif est de déposer une nouvelle plainte contre la commune.
"Vous savez que la décision d'enlever ces panneaux est parfaitement illégale. Il est évident que je vais déposer plainte. C'est scandaleux. Voilà ce que représente la démocratie en Belgique", a-t-il dit alors qu'il venait d'être souillé par les oeufs et que les policiers l'entourant résistaient aux tentatives de certains militants nationalistes flamands de l'atteindre physiquement.
De son côté, le bourgmestre de Hal, Dirk Pieters (CD&V), présent sur les lieux, a justifié le retrait des panneaux par des motifs de sécurité publique. "Hal est une ville pacifique. Lorsque la liste Union des Francophones a annoncé publiquement qu'elle viendrait pour y coller des affiches en mentionnant le lieu et l'heure de sa démarche, j'ai pensé qu'il fallait retirer les panneaux électoraux pour annuler la cause de possibles incidents", a-t-il commenté.
C'est seul que Damien Thiéry s'est rendu à Hal. Les candidats de la liste Union des Francophones qui avaient prévu de l'y accompagner y ont finalement renoncé "pour ne pas faire le jeu des fascistes flamingants". Pour le FDF qui soutenait activement cette démarche, en annonçant le retrait des panneaux d'affichage électoral, sous prétexte de maintien de l'ordre public, le bourgmestre CD&V de Hal Dirk Pieters a fait clairement le choix de donner raison aux mouvements flamingants et fascisants liés au Vlaams Belang, Tak et Voorpost. Il lui incombait, comme à tout bourgmestre, de garantir la liberté d'expression des démocrates face aux méthodes d'intimidation et d'agression des nationalistes et extrémistes flamands.
Le tribunal de première instance de Bruxelles siégeant en référé a jugé mercredi que le règlement de police de la ville flamande de Hal enfreint les principes constitutionnels d'égalité et de non-discrimination en interdisant l'affichage électoral sur les panneaux communaux à tout parti n'étant pas représenté au Conseil communal de la ville, des espaces étant toutefois réservés aux autres listes flamandes non représentées au Conseil.
La décision du tribunal, siégeant en néerlandais, faisait suite à une première plainte de Damien Thiéry (en tant que candidat sur la liste MR aux élections européennes) contre ce règlement. La présence de Damien Thiéry à Hal vendredi constituait le énième épisode d'un feuilleton qui avait déjà vu des membres de l'UF se rendre à Hal le 22 mai dernier pour tenter d'y coller des affiches. Ils n'y étaient pas parvenus, étant pris à partie par des activistes flamands du Voorpost et du Taal Aktie Komitee, en présence de forces de l'ordre en effectifs réduits. (belga/mb)