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La presse flamande voit l'émergence de deux électorats

La presse flamande pointe l'ancien cartel, et principalement sa composante N-VA, comme le grand vainqueur des élections régionales en Flandre. Dans le camp des battus, elle ne manque pas d'évoquer l'Open Vld dont le président Bart Somers a démissionné dimanche soir.

Enfin, les quotidiens du nord du pays soulignent que l'électeur a redistribué les cartes de manière diamétralement différente en Flandre et en Communauté française. Michel Vandersmissen écrit dans le Nieuwsblad que le résultat des élections en Flandre est particulièrement limpide: l'électeur exige une Flandre plus forte, car pratiquement tous les partis demandeurs d'une réforme de l'Etat ont gagné.

Mais si vous regardez la situation en Wallonie, poursuit-il, on constate qu'il sera très difficile d'obtenir cette réforme de l'Etat. Selon le Nieuwsblad, la Flandre doit s'attendre à de difficiles négociations de coalition et la Belgique va s'engager dans une période de turbulence.

Michel Vandersmissen relève que Bart De Wever ressort comme "la" figure de ces élections. Par ailleurs, souligne-t-il, autre résultat remarquable, le Vlaams Belang s'offre une cuisante défaite. Filip Dewinter a prouvé qu'il avait tort en tenant un discours raciste, écrit encore Michel Vandersmissen.

Réalisme
Dans le Laatste Nieuws, Luc Van der Kelen constate que ce sont les partis qui ont mené des campagnes de fond qui ont remporté les élections. "Les électeurs ont fait ce qu'ils ont l'habitude de faire en période économique difficile, lorsque l'avenir est incertain, choisir le discours des partis les plus réalistes, pas celui des utopistes".

Les électeurs ont également mis fin aux petits jeux de stratégie politicienne. Cela a coûté des voix à l'Open Vld et la Lijst Dedecker. Et "comme un grand", Bart Somers en a tiré les conclusions qui s'imposaient. Le temps est venu pour l'Open Vld, après 10 ans de gestion, de prendre le chemin de la réflexion, poursuit Luc Van der Kelen.

Il reviendra à Kris Peeters de redistribuer les cartes et de faire monter, s'il le souhaite, la N-VA à la place de l'Open Vld et du sp.a. Selon Peter Vandermeersch, l'éditorialiste du Standaard, on retiendra que ces élections furent celles de Kris Peeters et Bart De Wever. On a également assisté au retour en force d'Yves Leterme devant les caméras de télévision, écrit-il.

Perdants
Dans les rangs des perdants, on retrouve incontestablement le Vlaams Belang qui reste cependant l'un des plus grands partis de Flandre, souligne-t-il. "Mais le plus abattu moralement est l'Open Vld qui espérait au début de la campagne se retrouver à la première place en Flandre mais qui au final obtient le plus mauvais score de son histoire".

Peter Vandermeersch se demande si la démission de Bart Somers suffira à éviter au parti une nuit des longs couteaux et si les libéraux flamands ont encore intérêt à rester au gouvernement fédéral. Mais finalement, l'éditorialiste du Standaard estime que la plus grosse surprise de la soirée est le maintien du PS.

"Alors que la gauche en Flandre est réduite à un petit 20%, le PS et Ecolo prennent à eux deux la moitié des voix en Wallonie". Et c'est ainsi qu'au lendemain du 7 juin, la Belgique se réveille avec deux pays différents, écrit l'éditorialiste. "La Flandre, où on a clairement voté centre-droit et où on souhaite aller plus loin en terme de réforme de l'Etat, et la Belgique francophone de gauche qui a vu le MR galvauder sa victoire de 2007 et le PS et Ecolo ressortir glorieusement victorieux des urnes". (belga/ca)
08/06/09 04h00
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