"Nous avons décidé que nous suggèrerions (...) une majorité nouvelle, qui propose une alternative et permette un autre choix que celui de M. Barroso". Le MoDem avait proposé pendant la campagne la candidature de Guy Verhofstadt. (photo : Commission européenne)
M. Bayrou a fait cette annonce à l'issue d'une réunion à Paris du bureau exécutif de son MoDem (Mouvement démocrate).
L'ex-Premier ministre Guy Verhofstadt se rapproche-t-il de la présidence de la Commission européenne? Il semble en tout cas que le soutien à l'actuel président José Manuel Barroso ne soit pas aussi solide qu'attendu, après la décision des socialistes européens de ne pas désirer voir son mandat reconduit.
Négociations serrées en vue
Bien que les socialistes espagnols et les travaillistes britanniques soient prêts à se ranger derrière le Portugais, il n'est pas impossible de voir une alliance anti-Barroso se former au Parlement européen. Et si ce sont les chefs d'État et de gouvernement des 27 pays membres qui décident de l'attribution des portefeuilles des commissaires européens et de la nomination du président de la commission, ils devront composer avec le Parlement.
Or, en cas d'alliance entre les Verts, le PSE (socialiste) et les libéraux européens, ce qui semble se préciser, ceux-ci pourraient faire barrage au PPE (conservateur) et refuser un second mandat de Barroso. D'autant plus qu'il faudra également nommer un président du Conseil européen et un haut représentant aux Affaires étrangères. Trois postes qui feront l'objet d'intenses négociations. Chacun devra donc mettre de l'eau dans son vin, et l'actuel président de la Commission devra peut-être céder sa place à un candidat issu d'une autre formation politique.
Chaise musicale
Car en cas d'alliance anti-PPE, il n'est pas impensable d'imaginer une négociation laissant au PPE le poste de haut représentant aux Affaires étrangères ou la place de président du Conseil européen, en échange de la nomination d'un président de la Commission issu de cette alliance anti-PPE. De nombreux scénarios sont envisageables pour ce jeu de chaise musicale. D'autant plus désormais que François Bayrou semble soutenir l'idée d'un axe anti-PPE.
Le parti centriste français MoDem est en effet favorable à une alliance avec les Verts et avec les socialistes au Parlement européen pour empêcher la réélection de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne, a annoncé mardi le président du MoDem, François Bayrou.
Le MoDem derrière Verhofstadt
"Nous avons décidé que nous suggèrerions à l'ensemble de notre groupe de l'Alliance des démocrates et libéraux européens (ADLE) au Parlement européen de rechercher les conditions d'une majorité nouvelle, qui propose une alternative et permette un autre choix que celui de M. Barroso", a déclaré M. Bayrou devant la presse.
"Si nous avons une majorité composée des libéraux, des démocrates, des Verts, des socialistes européens, nous pouvons proposer une alternative", a indiqué M. Bayrou. Il a rappelé que le MoDem avait proposé pendant la campagne la candidature de Guy Verhofstadt, ex-Premier ministre belge.
Bayrou rejoint Cohn-Bendit
"Nous aurons des relations de travail avec les groupes qui accepteront de participer à cette alliance, dans le cadre de coopérations renforcées", a-t-il ajouté.
M. Bayrou a fait cette annonce à l'issue d'une réunion à Paris du bureau exécutif de son MoDem (Mouvement démocrate), destinée à tirer un bilan des élections européennes qui se sont soldées par un échec pour le MoDem, arrivé quatrième avec 8,45% des voix.
Daniel Cohn-Bendit, figure de proue d'Europe Ecologie, avait proposé dimanche soir une alliance anti-Barroso au MoDem et au Parti socialiste.
Thomas Halter avec AFP


