C'est après plus de trois heures et demie que le Bureau du cdH s'est prononcé par 52 oui, 9 abstentions et 2 non en faveur de l'ouverture de négociations avec Ecolo et le PS en vue de la formation des gouvernements wallon, bruxellois et de la Communauté française.
La réunion prévue à 20 heures 30 n'a commencé que vers 22 heures et s'est prolongée jusqu'à 1 heures 30 dans la nuit de lundi et mardi.
Le Bureau politique des Humanistes a finalement donné un mandat de négociation à sa présidente tout en fixant un cadre très stricte surtout en matière de gouvernance. C'est ainsi que le Bureau dit notamment que "les règles éthiques exigées par le cdH devront être entièrement obtenues et les garanties de tolérance-zéro en la matière devront être totales". Et le Bureau ajoute que "le PS doit démontrer sa volonté claire de mener des réformes radicales en ce qui concerne certaines pratiques afin de les rayer définitivement de la carte de la gouvernance publique".
Par ailleurs, le Bureau a fixé quelques autres priorités notamment en ce qui concerne les politiques en matière d'enseignement. Le cdH veut aussi d'importants programmes en matière d'emploi et de formation ainsi que de développement économique et insiste sur le nécessaire respect mutuel et d'équilibre interne entre toutes les composantes d'une éventuelle majorité. Commentant ces conditions, la présidente Joëlle Milquet a insisté sur l'importance pour son parti d'avoir, en matière de bonne gouvernance, des garanties et règles précises tant internes et qu'externes, pour les assemblées, les parlementaires mais aussi pour les intercommunales, les administrateurs d'organismes publics....
Le cdH plaide aussi en la matière pour la création d'un organe de contrôle. "Au lieu d'attendre que les affaires soient révélées, nous voulons pouvoir les débusquer par un contrôle efficace", a commenté André Antoine. La cdH souligne aussi l'importance de l'axe qu'il a constitué avec Ecolo et la nécessité d'avoir plus de synergie entre les différents gouvernements ce qui demande, selon lui, d'avoir les même majorité partout. Dans ses commentaires, la présidente a aussi mis en évidence que le Bureau dit avoir "apprécié que, après des années, mois et semaines de stratégie hostile à son égard, la direction du MR aie tenté à partir de jeudi dernier, un revirement d'attitude, certes tardif mais important pour l'avenir si il s'avère durable et sincère".
Quant au choix du PS, Mme Milquet a reconnu que le choix d'Ecolo qui s'était prononcé plus tôt dans la soirée en faveur des socialistes, a joué un rôle. Mais son parti a aussi tenu compte de la nécessaire stabilité pour le gouvernement fédéral et le fait qu'il faut assurer la paix sociale en collaboration avec les organisations syndicales en cette période de crise. Elle a encore ajouté que le bon fonctionnement de l'olivier sous la précédente législature à Bruxelles avait aussi influencé la décision.
Enfin, Mme Milquet a rappelé que le Bureau s'était prononcé sur un mandat de négociations ce qui ne signifie pas encore qu'un accord de gouvernement sera effectivement conclu.
Plus tôt dans la soirée, le Conseil de fédération d'Ecolo a approuvé à 87% l'entrée des Verts en négociation avec le PS et le cdH. Divers facteurs motivent de choix, ont expliqué lundi soir les co-présidents Jean-Michel Javaux et Isabelle Durant: le résultat des élections et la symétrie politique nécessaire entre Bruxelles et la Wallonie, les engagements pour mettre fin à une série de pratiques en matière de gouvernance publique et le contexte de crise.
"C'est dans ce type de coalition qu'il nous a semblé que nous pourrions faire le mieux avancer notre projet", a souligné M. Javaux, en rappelant que le Conseil de fédération avait donné mandat à la direction du parti pour entamer des négociations et non entrer dans une majorité. Et d'ajouter: "Nous n'avons pas d'obligation de résultat".
Ecolo s'est également positionné clairement comme parti progressiste, voire de gauche. "Les électeurs considèrent que nous sommes une force de gauche", a souligné Mme Durant. "Ecolo s'affirme comme une force progressiste, moderne et émancipatrice", a renchéri M. Javaux.
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