Cohn-Bendit met le Conseil en garde sur la nomination de Barroso
"Sur un terrain de football, il faut se faire respecter pendant les 5 premières minutes de jeu. Ici, c'est la même chose. Si le Parlement européen ne se fait pas respecter en juillet, il ne se fera pas respecter pendant les 5 ans."
Le co-président des Verts au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, a promis mardi une bronca du Parlement européen si les chefs d'Etat et de gouvernement européens devaient reconduire José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne selon le régime du Traité de Nice, plutôt que celui de Lisbonne.
"Deux poids deux mesures" ne passera pas"La prochaine présidence suédoise propose de nommer le président de la Commission sous Nice, et le reste des commissaires sous Lisbonne. Il est pour nous inadmissible qu'on accepte cette méthode!", a martelé mardi l'ancien leader étudiant de Mai-68. "Si le Conseil (qui regroupe les 27 chefs d'Etats de l'UE, ndlr) décide de passer sous Nice, il risque de se retrouver le 16 juillet avec un non, non pas sur Barroso, mais sur la procédure choisie", a-t-il ajouté.
Le Parlement veut se faire respecterDésigné vraisemblablement ce jeudi par les dirigeants européens, le futur président de la Commission devra, conformément aux règles européennes, également recevoir le soutien d'une majorité du Parlement européen. Selon M. Cohn-Bendit, une majorité d'eurodéputés, dont certains membres du PPE, parti dont est issu M. Barroso, est aujourd'hui prête à refuser la désignation du futur président si celle-ci n'est pas organisée selon le Traité de Lisbonne, malgré le fait que le texte soit encore suspendu au résultat d'un nouveau référendum des Irlandais attendu d'ici l'automne.
Anticiper Lisbonne ou attendre l'IrlandePour M. Cohn-Bendit, il convient dès lors, soit d'anticiper la procédure de Lisbonne dès septembre, soit d'attendre la ratification irlandaise avant d'élire le futur président de l'exécutif européen. "Sur un terrain de football, il faut se faire respecter pendant les 5 premières minutes de jeu. Ici, c'est la même chose. Si le Parlement européen ne se fait pas respecter en juillet, il ne se fera pas respecter pendant les 5 ans (de la législature européenne)!", a-t-il averti.
Tous contre Barroso sauf le PPE?Désireux d'empêcher la réélection de M. Barroso à la tête de la Commission, le leader écologiste a rappelé mardi travailler à la constitution au sein de l'assemblée d'un "front anti-Barroso" composé des élus socialistes, libéraux, Verts et d'extrême gauche. Interrogé sur l'identité d'un éventuel candidat alternatif, Daniel Cohn-Bendit a dit avoir deux ou trois noms en tête, citant notamment l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, candidat à la fonction en 2004 mais finalement écarté au profit de José Manuel Barroso.
Quelles chances pour Verhofstadt?"Les autres candidats n'émergeront que lorsque Barroso aura été bloqué. Je ne vais pas vous dire aujourd'hui de noms, car si on les dit avant, on les brûle...". (belga/th)