"Reynders doit rester"
Au cours des derniers mois, Didier Reynders a essuyé quelques critiques.
Certains commentateurs tablent sur un partage du pouvoir entre Didier Reynders et la famille Michel, le ministre Charles Michel héritant de la présidence du MR dans un tel scénario.
L'intergroupe parlementaire du MR se réunira mercredi à 10h30 pour faire le point sur la situation politique. Pour bon nombre de mandataires réformateurs, il est temps de se pencher sur la stratégie suivie pendant la campagne même s'ils insistent sur la nécessité de rester soudés.
Lundi soir, Ecolo et le cdH ont choisi de négocier avec le PS. Si les discussions aboutissent à la formation d'une majorité "olivier", le MR sera condamné à rester une législature de plus dans l'opposition à Bruxelles, en Wallonie et à la Communauté française.
EchecLe choix d'Ecolo et du cdH confirment un peu plus l'échec du MR à faire bouger le centre de gravité en Wallonie. La semaine passée, plusieurs voix s'étaient déjà fait entendre dans les chapelles FDF et MCC du Mouvement pour remettre en cause la stratégie suivie. Le président du MCC, Gérard Deprez, avait ainsi déploré la manière radicale dont le président du MR, Didier Reynders, avait attaqué le PS.
Au cours des derniers mois, Didier Reynders a essuyé quelques critiques, non seulement sur sa stratégie mais aussi le cumul de la présidence du parti avec la fonction de vice-premier ministre. Aucune voix ne s'est toutefois élevée publiquement pour réclamer son départ de la direction du parti. Au contraire, le président du Sénat, Armand De Decker, a pris mardi sa défense devant les caméras de la RTBF.
"Il ne doit pas démissionner""Bien sûr que Didier Reynders doit rester. Il nous a conduits pendant trois élections, deux qui sont triomphales et celles-ci où nous nous stabilisons ou nous perdons un peu. Il n'y a pas de raison de remettre en cause son leadership", a-t-il déclaré. "Je ne vois vraiment pas pourquoi il devrait démissionner", a souligné la députée Véronique Cornet.
En coulisses également, ils sont nombreux à rejeter le scénario d'un règlement de comptes ou d'un "putsch". Ceux qui veulent déstabiliser Didier Reynders sont minoritaires, a fait remarquer un mandataire, rappelant que la stratégie était collective et non le fait d'un seul homme.
Tirer les leçonsIl faudra néanmoins tirer les leçons de ce qui s'est passé. Députée régionale et sénatrice de Communauté, Christine Defraigne invite sa formation à se tourner vers l'avenir. "N'attendez pas de moi que je joue les pourfendeuses, les Torquemada, les incendiaires. Ce qu'il faut analyser à tête reposée, c'est pourquoi notre message n'est pas passé avec suffisamment d'acuité, de pertinence et de conviction". Demandant un debriefing des élections et de "l'échec des négociations que je déplore", Mme Defraigne ne réclame pas des têtes. "C'est l'avenir qui m'intéresse. Il faut un signal positif", dit-elle.
Didier Gosuin appelle lui aussi à un exercice serein. Selon lui, il faut mettre en place un "contre-projet à long terme" en face de celui de l'olivier et élaborer la stratégie "collective" qui a manqué au MR.
Famille MichelCertains commentateurs tablent sur un partage du pouvoir entre Didier Reynders et la famille Michel, le ministre Charles Michel héritant de la présidence du MR dans un tel scénario. L'intéressé s'est refusé à faire la moindre déclaration mardi. Gérard Deprez a lui aussi préféré garder le silence avant la réunion de mercredi. (belga/chds)