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Barroso, bis repetita placet?

Les dirigeants de l'UE évoqueront jeudi soir la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. Seul candidat avoué, le président sortant semble assuré d'être désigné, même s'il lui reste quelques obstacles institutionnels à franchir.

Soutien des chefs d'État mais pas du Parlement
M. Barroso est soutenu presque unanimement par les chefs d'Etat et de gouvernement européens. Même les dirigeants qui ne sont pas issus de sa famille politique, comme les socialistes José Luis Zapatero (Espagne) et Gordon Brown (Royaume-Uni) ou le libéral Lars Løkke Rasmussen (Danemark), lui ont déjà promis leur appui.

Les seules notes discordantes sont venues de son propre camp conservateur: tout en appuyant sa candidature, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont plaidé pour qu'elle ne soit pas entérinée dès jeudi, mais ultérieurement. Leur attitude a alimenté les spéculations sur leurs intentions véritables.

Van Rompuy prudent

Quant à la Belgique, elle adopte jusqu'à présent une position en retrait. "Les 27 Etats membres sont d'accord pour que la présidence tchèque présente jeudi le nom de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission. Il y a donc un très large soutien autour de son nom et de sa personne", a prudemment déclaré mardi au parlement le Premier ministre, Herman Van Rompuy, sans démentir les rumeurs relatives aux désaccords au sein de sa majorité. Pendant la campagne électorale, le PS avait ouvertement clamé son opposition à M. Barroso.

L'attitude du Parlement européen, où le candidat retenu doit être approuvé, reste encore incertaine. Bien que le Parti populaire européen (PPE) de M. Barroso ait conforté son statut de premier groupe politique, il est loin de jouir d'une majorité à lui seul. Des alliances seront donc nécessaires avec les socialistes et/ou les libéraux, partis où certains opposants au président sortant donnent de la voix.

Négociation sur le programme plus que sur la personne
Mais en l'absence d'adversaire crédible, c'est davantage le programme de Barroso II qui sera négocié que sa personne. M. Barroso devrait d'ailleurs tenter de conforter le consensus en exposant ses priorités jeudi soir. En coulisses, la répartition des portefeuilles dans son équipe sera elle aussi déterminante.

La donne institutionnelle complique la situation. Le renouvellement des postes européens intervient en effet en pleine transition entre le traité de Nice et le traité de Lisbonne, lequel semble désormais bien parti pour être ratifié. Dirigeants et juristes se creusent les méninges depuis plusieurs mois sur la manière de procéder.

Marchandage et traîté de Lisbonne
Les règles de Nice disposent que le président-désigné est approuvé à la majorité simple, alors que celles de Lisbonne prévoient la majorité absolue, nettement plus délicate à obtenir. Nice établit par ailleurs une Commission européenne réduite, alors que le traité de Lisbonne garantit un commissaire à chaque Etat membre. Si la Commission devait être approuvée sous Nice, un ou plusieurs pays perdraient leur représentant à Bruxelles, une perspective difficile à accepter.

Le procédé retenu consisterait à faire approuver M. Barroso, dans les prochaines semaines, selon le traité de Nice, mais de valider sa Commission, à l'automne, selon Lisbonne.

Les Eurosceptiques barrent la route de Verhofstadt

Les scénarios circulant dans les milieux européens restent à prendre avec les précautions d'usage. En 2004, Guy Verhofstadt était donné favori, mais face au véto britannique, c'est José Manuel Barroso qui avait été retenu à la surprise générale.

Une candidature de dernière minute n'est donc pas à exclure. Evoquée par certains médias, la possibilité d'un retour fracassant de Guy Verhofstadt, auteur des "Etats-Unis d'Europe", semble condamnée par la présence de plusieurs dirigeants eurosceptiques au Conseil européen. (belga/th)
17/06/09 16h30
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