Les socialistes européens refuseront de confirmer M. Barroso en juillet
Le chef de file des socialistes au Parlement européen a prévenu jeudi que son groupe refuserait de voter mi-juillet sur une reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne, contrairement à ce que souhaitent plusieurs dirigeants de l'UE.
"Pas de majorité" parlementaire pour reconduire Barroso"M. Barroso n'est pas le bon candidat. Le groupe socialiste ne va pas voter pour lui en juillet et on ne va pas voter pour (qu'il y ait) un vote en juillet. C'est absolument prématuré", a déclaré l'eurodéputé allemand, Martin Schulz, qui participait à une réunion des dirigeants socialistes européens en marge du sommet de l'UE à Bruxelles.
Vu ce refus des socialistes, M. Schulz a estimé qu'il n'y aurait "pas de majorité au Parlement européen" pour reconduire M. Barroso lors de la session inaugurale du Parlement mi-juillet à Strasbourg. Sauf si les partisans d'un vote - à commencer par les conservateurs du Parti populaire européen, dont est issu M. Barroso - acceptent de faire alliance "avec les anti-Européens", a souligné M. Schulz.
Bataille de calendrierLe nouveau Parlement issu des européennes compte, selon des résultats encore provisoires, quelque 182 députés socialistes, contre 264 pour les conservateurs, 80 pour les Libéraux et 53 Verts. Si M. Barroso est quasi-assuré d'obtenir le soutien politique des dirigeants des 27 pour un nouveau mandat lors de leur sommet jeudi soir, sa confirmation par le Parlement européen, où il a beaucoup d'ennemis, fait l'objet d'une bataille de calendrier.
Une majorité de dirigeants de l'UE voudraient, comme les conservateurs, un vote au Parlement dès la mi-juillet. Mais les socialistes, les Verts et une partie des Libéraux, qui voudraient voir émerger une autre candidature, refusent de l'adouber avant de connaître le sort du traité de Lisbonne, qui prévoit de rendre l'UE plus efficace en réformant notamment la Commission.
Tout dépendra donc des négociations en cours entre groupes politiques et avec les gouvernements de l'UE, qui pourraient mettre dans la balance certains postes européens prestigieux pour convaincre certains eurodéputés. L'actuelle présidence tchèque de l'UE et la présidence suédoise qui prendra le relais le 1er juillet ont prévu dans les jours qui viennent d'intenses consultations avec le Parlement. (belga/th)