Joseph Daul et José Manuel Barroso.
Joseph Daul, chef de groupe du Parti Populaire européen (PPE, centre-droit), plus grande formation au sein du Parlement européen, a montré mercredi sa préférence pour un accord avec le groupe socialiste pour se partager la présidence du Parlement européen, et reconduire José Manuel Barroso à la Commission européenne.
Les socialistes se laisseront-ils acheter pour un poste en vue?
Interrogé pour savoir si un accord politique était possible sans les socialistes, M. Daul a jugé mercredi que c'était "mathématiquement possible" mais que politiquement "ça poserait d'autres problèmes".
Désireux de reconduire son champion José Manuel Barroso pour un second mandat à la tête de la Commission européenne, le PPE ne dispose pas, malgré ses 264 élus, de la majorité nécessaire, l'obligeant à chercher des appuis auprès des autres formations.
Négociations de marchand de tapis
Un accord avec les socialistes (183 députés) suffirait largement, mais ceux-ci ont essuyé une lourde défaite dans les urnes le 7 juin dernier. Ils peuvent dès lors difficilement soutenir la reconduction de M. Barroso qu'ils ont critiqué tout au long de la campagne.
En échange d'un éventuel soutien socialiste, le PPE a répété mercredi qu'il était prêt à leur laisser la présidence du Parlement européen durant un demi-mandat (2,5 ans), l'autre moitié étant dès à présent préemptée par le PPE lui-même.
En écho aux critiques formulées la semaine dernière encore envers M. Barroso par le camp socialiste, M. Daul a appelé mercredi celui-ci à la raison.
"J'en ai marre des débats de personne"
"Etre anti-Barroso n'a jamais fait avancer les problèmes, encore moins en temps de crise. Un débat sérieux ne peut se résumer à un débat de personnes. J'en ai marre des débats de personne", a martelé M. Daul, réélu mardi à la tête de son groupe politique.
Celui-ci a encore plaidé mercredi pour une confirmation rapide de M. Barroso dès la prochaine session plénière de juillet, "car nous sommes dans une situation de crise (économique)", a-t-il rappelé.
A défaut des socialistes, le PPE serait contraint de nouer un accord à trois, avec les Libéraux (80 élus) et le tout nouveau groupe eurosceptique (ECR, 55 élus). Les négociations avec les différents groupes commenceront mardi prochain. (belga/th)


