Enseignement: "on sent qu'on est pris au sérieux"

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Par: rédaction
13/07/09 - 15h15

Les syndicats du monde de l'enseignement (CSC, CGSP et SLFP) se montraient lundi globalement rassurés à la lecture des mesures concernant leur secteur dans l'accord de gouvernement pour la Communauté française, tout en disant craindre pour leur financement.

"Nous sommes en partie rassurés: on ne touche pas aux politiques déjà initiées et on en renforce certaines", observe Pascal Chardome (CGSP, socialiste).

Il s'interroge toutefois sur les possibilités de financer certaines mesures telles que l'apprentissage d'une 2e langue dès la 1e primaire. Dès lors, les mesures de l'olivier ressemblent à un "catalogue de bonnes intentions" dont le financement devra faire l'objet de priorités et d'un étalement, observe-t-il.

Concernant les fins de carrière, le syndicat socialiste n'est pas opposé à une discussion sur d'autres formules que le DPPR (possibilité de prépension à 55 ans) et voit notamment une piste intéressante dans le tutorat des jeunes enseignants par les plus âgés.

"On sent que l'on est pris au sérieux et que l'enseignement ne sera pas un terrain d'austérité budgétaire", commente pour sa part Yves Delbecq (SLFP, libre).

Il pointe avec satisfaction la "grande mutation" qui s'annonce pour la formation initiale de l'enseignant (la formation d'instituteur/régent serait allongée à 5 ans), mais éprouve certaines craintes pour les bassins de vie de l'enseignement technique et professionnel qui pourraient amener à une restructuration dans l'enseignement officiel.

Il applaudit aussi à la distinction entre les missions de pouvoir organisateur et de pouvoir normatif que l'olivier envisage pour l'enseignement de la Communauté française.

Prosper Boulangé (CSC, chrétien) relève lui aussi certains points de satisfaction mais, davantage encore que ses collègues, dit craindre une législature "plombée" par le déficit budgétaire jusque 2015-2016, dès le moment où le futur gouvernement de la Communauté française annonce qu'il guidera la trajectoire de ce déficit sur celle du fédéral.

La CSC se réjouit de l'évaluation qui sera faite à mi-chemin de la déclaration commune de 2004, qui fixait les grands objectifs à atteindre pour l'école en 2013. En termes de revalorisation du métier, il relève le tutorat des jeunes enseignants mais déplore le manque de moyens pour faire face à la pénurie structurelle d'enseignants.

Les évaluations externes communes en fin de primaire et en fin de secondaire (TESS) laissent poindre la crainte d'y voir associés, en cas de résultats mitigés, des plans de remédiation imposés par l'Inspection et les conseils pédagogiques, mettant ainsi la pression sur l'enseignant, relève Prosper Boulangé. La CSC annonce dès la rentrée une "grande action de sensibilisation" de l'Inspection à ce propos.

Le syndicat chrétien s'interroge aussi sur la modification de l'offre de formation qu'entraînera le système des bassins de vie dans l'enseignement technique et professionnel. "Nous le souhaitions, mais il faudra organiser l'offre en lien avec la réalité économique et régionale, et également en termes de requalification du personnel", fait remarquer le syndicaliste avec circonspection.

Enfin, concernant l'association des pouvoirs organisateurs aux négociations sectorielles réservées depuis plusieurs années à un dialogue bilatéral gouvernement-syndicats, la CGSP veut maintenir les structures actuelles de décision telles que définies dans la loi de 1974, tout en disant ne pas refuser de discuter avec tous.

La CSC, de son côté, estime qu'il y aura à l'avenir des discussions bipartites, et d'autres tripartites en fonction des dossiers, et se dit partisane d'être associée aux négociations sur les bâtiments scolaires. (belga)

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