Le MR démonte le programme de la Communauté française
Le programme du nouveau gouvernement de la Communauté française n'affiche pas de priorité, toutes les initiatives étant sur un pied d'égalité. De plus, elles ne sont assorties d'aucune perspective budgétaire, d'aucun délai pour leur réalisation, a déploré samedi matin devant le parlement de la Communauté française la chef de groupe MR Françoise Bertieaux, en ouverture du débat sur la déclaration gouvernementale lue jeudi par le ministre-président Rudy Demotte.
Pas d'allusion au tiroir-caisse du programmePour le MR, si ce programme ne fait aucune allusion aux finances de la Communauté, c'est peut-être parce que la situation est encore plus sombre que les centaines de millions d'euros qui manqueraient aujourd'hui aux caisses communautaires. La bonne gouvernance voudrait que le gouvernement s'explique à ce sujet et dise si un ajustement budgétaire est déjà prévu, a dit en substance la chef de file.
Selon elle, la répartition des compétences gouvernementales a permis au PS de se débarrasser des plus explosives, alors que le cdH s'est chargé des plus périlleuses et Ecolo de compétences n'ayant aucun lien entre elles.
CritiquesMme Bertieaux s'est par ailleurs livrée à une revue critique, mais parfois positive, des différents chapitres de la déclaration, en s'inquiétant du sort de Bruxelles dans un système de synergies qu'elle ne récuse pas mais qu'elle pressent particulièrement orientées vers la Région wallonne.
En matière d'enseignement, la chef de file réformatrice a admis des convergences -ou des emprunts de la majorité- par rapport au programme MR: remédiation immédiate, consolidation du tronc commun de connaissances, apprentissage des langues, encadrement différencié, etc.
Pas d'enseignement à la carteMais elle ne veut pas de "bassins de vie" scolaires qui conduisent à la carte scolaire à la française et reste inquiète par rapport aux suites que réserve le gouvernement au décret "Mixité" et à la "page blanche" qu'il a promise.
Même scénario pour les bâtiments scolaires: Françoise Bertieaux approuve des idées nouvelles comme la coordination de la gestion des bâtiments administratifs de la Communauté, des Régions et des bâtiments scolaires. Mais elle s'interroge quant à l'évaluation annoncée de l'opération de partenariat public-privé, qui n'a même pas encore pris le départ.
ImmobilismeQuant au refinancement de l'enseignement supérieur, à l'heure des rapprochements et fusions entre établissements, il n'est guère abordé, a-t-elle constaté.
Selon elle, les politiques culturelles annoncées relèvent d'un certain immobilisme: malgré les Etats généraux de la culture de la législature passée, on veut à nouveau consulter, évaluer, réfléchir... Quant à la bonne gouvernance et la transparence annoncées en matière de subventions culturelles, d'indépendance des instances d'avis, elles éveillent surtout le scepticisme de Mme Bertieaux.
Bonne gouvernance, vous avez dit bonne gouvernance?De même, elle "attend de voir", pour ce qui concerne les passages de la déclaration sur une fonction publique moderne et dynamique et une gestion du personnel exemplaire. Et lorsque l'accord de majorité affirme que le gouvernement a décidé de respecter les règles en matière de marché public, l'élue réformatrice fait remarquer malicieusement qu'une loi contraignante existe à ce sujet depuis près de 16 ans.
Face à ce qu'elle qualifie de catalogue gouvernemental proposant des centaines d'articles sans prix et sans conditions de vente, Mme Bertieaux a annoncé une opposition ferme mais constructive, qui soutiendra la majorité dans ses bons combats et s'opposera lorsque l'Olivier s'entêtera dans ses errements, a-t-il été conclus. (belga/acx)