Le parlement bruxellois accorde sa confiance à Picqué IV

Le parlement bruxellois réuni exceptionnellement samedi après-midi, a adopté la motion de confiance au gouvernement Picqué IV. Celle-ci avait été déposée dans le cadre du débat sur la déclaration de politique générale de la nouvelle équipe en place.

Opposition contre
Les 53 députés présents de nouvelle majorité PS-Ecolo-cdH-Open Vld-CD&V-Groen! ont voté comme un seul homme en faveur de la motion. Les 28 de l'opposition (MR, sp.a, N-VA, et Vlaams Belang) qui avaient fait le déplacement ont tous voté contre.

Le groupe linguistique flamand était au grand complet. En son sein, la majorité est étroite (9 sur 17). Elle est indispensable pour tous les votes qui concernent les matières bi-communautaires de la Commission Communautaire Commune de Bruxelles.

Celle-ci gère notamment les matières sociales liées au travail des 19 CPAS bruxellois, ainsi que les dossiers relatifs aux infrastructures hospitalières et des maisons de repos.

A l'image de celui de la motion adoptée samedi après-midi dans la foulée du vote de confiance pour les matières régionales, ces votes requièrent la majorité des voix dans chaque groupe linguistique.

"Non biodégradable" pour le MR
Les votes du jour sont intervenus au lendemain d'une longue journée de débats sur le programme de la nouvelle majorité présenté par le ministre-président Charles Picqué.

Au cours de ceux-ci, l'opposition MR a affirmé que les défis de la nouvelle majorité bruxelloise n'étaient pas nouveaux. La seule différence avec l'équipe sortante, c'est que les moyens financiers ont disparu, pas seulement à cause de la crise, mais parce que le gouvernement Picqué III a mis en place des dépenses durables payées par des recettes éphémères, a souligné vendredi le chef du groupe MR Didier Gosuin, annonçant "une opposition non biodégradable", face à une majorité qui a mis le qualificatif "durable à toutes les sauces".

Fraîchement débarqué dans l'opposition, le sp.a a lui aussi annoncé la couleur, critiquant vertement la déclaration de l'équipe qui se met en place: pas d'engagement -on travaillera avec des plans plutôt qu'avec des décisions-, des promesses vagues, des projets coûteux suspendus au bon vouloir financier du fédéral et des abus de langage à propos du développement durable, mis à toutes les sauces.

Les chefs de groupe de la majorité se sont montrés plutôt enthousiastes. Mais dans leurs interventions, on a aussi pu déceler les premiers écueils qui les attendent à l'heure des décisions à prendre: le caractère obligatoire du contrat de projet professionnel pour les moins de 25 ans, la mobilité, certaines grandes infrastructures et le budget.

"Un enfant capricieux"
A ce sujet, le ministre-président bruxellois Charles Picqué a formellement contesté avoir oeuvré à la formation de son gouvernement en dehors de toute considération budgétaire. Selon lui, la première trajectoire budgétaire envisagée par le premier ministre Herman Van Rompuy pour retrouver l'équilibre aurait débouché sur un déficit cumulé de 2,5 milliards d'euros pour la Région bruxelloise à l'horizon 2016.

"Il y a un niveau qui condamnerait la Région bruxelloise à l'inertie d'ici quelques années. La demande de refinancement de la Région-capitale ne doit pas être posée comme celle d'un enfant capricieux, mais de quelqu'un qui a été loyal et peu coûteux", a-t-il insisté. (belga/acx)
18/07/09 18h40
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