"Une seconde chance dans l'intérêt des francophones"
Leterme, un retour pas si mal accueilli par les partis de la majorité?
Le député fédéral Hendrik Bogaert, qui appartient à la nouvelle génération du CD&V réputée plus communautaire que la précédente, confirme vendredi dans le quotidien
Le Soir la volonté de son parti d'arriver à "une solution négociée" sur BHV.
Pragmatisme"Tout le monde est favorable à une solution négociée, mais la question est de savoir laquelle", indique le député. Après des mois de tensions dont le point culminant a été le vote de la scission pure et simple en Commission de la Chambre, Hendrik Bogaert affirme qu'on est devenu "plus pragmatique des deux côtés" de la frontière linguistique.
"J'ai l'impression que les francophones comprennent un peu mieux nos positions et l'inverse est vrai aussi. Quand on se comprend mieux, on peut arriver à des solutions créatives. Et, à cet égard, Jean-Luc Dehaene est très fort...", précise-t-il.
Le jeune député ajoute que si son parti ne se sent pas "coupable" d'avoir défendu à tout prix ce qu'il avait promis sur le plan communautaire lors des élections de 2007, il "apprend des expériences". Ainsi, "il faut peut-être plus d'empathie, mieux comprendre, dialoguer".
Prestige made in Van RompuySi le CD&V a soutenu le vote en Commission en novembre 2007, c'est parce qu'"il n'y avait pas d'autre solution" mais, souligne aujourd'hui M. Bogaert, notre but en général, est de négocier, pas de passer en force, car ce n'est pas la Belgique, ça, et ce n'est pas notre point de vue".
L'image ternie de la Belgique sur la scène internationale ne serait pas étrangère à ce revirement de position. "Avec Herman van Rompuy, président de l'Europe, on a beaucoup à gagner. La Belgique a de nouveau du prestige à l'étranger. Ce n'est pas le moment de rompre cela. S'il a été désigné, c'est parce qu'il sait dialoguer, construire des ponts. Il faut le faire dans notre pays aussi".
Evoquant la négociation sur BHV, M. Bogaert estime qu'il faudra sans doute y mêler un peu de réforme de l'état, selon la technique des petits pas. "La volonté existe d'arriver à un accord sur BHV, et peut-être sur quelques autres dossiers liés, sans aller vers une grande réforme pour l'instant".
L'homme de la situationEnfin, à propos d'Yves Leterme, redevenu Premier ministre, M. Bogaert fait valoir qu'"il a toujours été un homme de dialogue, de consensus". Selon le député, "il est très différent de ce que l'on pense du côté francophone. Il faut lui donner une réelle seconde chance. C'est dans l'intérêt des francophones aussi. Mais je suis convaincu que cette volonté existe dans tous les partis de la majorité". (belga/acx)