Alors que la plupart des intervenants politiques des émissions politiques dominicales se retranchaient derrière la discrétion réclamée sur le sujet par le "commissaire institutionnel" Jean-Luc Dehaene, le député Luk Van Biesen (Open Vld) a évoqué la ratification par la Flandre de la Convention sur la protection des minorités nationales comme l'une des possibles compensations à une scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde.
Sur le plateau de Mise au Point (RTBF), Luk Van Biesen a déclaré qu'une scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde signifierait aux yeux de la Flandre une "clôture" de l'évolution du pays, suscitant les réactions dubitatives de plusieurs interlocuteurs francophones.
Protection des minorités
Il a indiqué que dans ce cas, la Flandre accepterait par exemple de ratifier la Convention-cadre sur la protection des minorités nationales. "Si on ne l'accepte pas actuellement, c'est parce que l'on nous réclame encore tous les jours une partie du territoire de la Flandre", a observé M. Van Biesen, en référence à la revendication francophone d'élargir la Région bruxelloise en cas de scission pure et simple de BHV. "On doit traiter une minorité en Flandre de façon normale, comme l'Europe le dit", a encore commenté M. Van Biesen.
Le président du FDF Olivier Maingain voit pour sa part dans ce discours une manière de "revendre ce qui a déjà été vendu" dans un accord précédent.
Mais pour le CD&V Eric Van Rompuy, partisan de la discrétion comme plusieurs autres intervenants, ce débat doit rester du ressort du travail de Jean-Luc Dehaene pour conserver une chance de réussite.
Le président du MR Didier Reynders a pour sa part observé, sur le plateau de Controverse (RTL-TVi), que la balle était désormais dans le camp du CD&V, qui a contribué à mettre le dossier BHV sur la table.
"J'attends que Jean-Luc Dehaene vienne dans les prochains jours avec des propositions équilibrées, qui soient aussi avantageuses pour les francophones", a-t-il dit, confiant dans la "créativité" de M. Dehaene, mais n'oubliant pas de rappeler qu'en tant que bourgmestre de Vilvorde, ce dernier avait aussi menacé de boycotter l'organisation de scrutins électoraux en cas de non-scission de BHV.
Cesser les caricatures
Le ton était plus volontariste dans le chef de la vice-première ministre Laurette Onkelinx (PS) et de la présidente du cdH Joëlle Milquet. La première a rappelé les signaux positifs qu'ont constitués depuis plusieurs mois la rupture du cartel CD&V/N-VA et la prise de position de la présidente du CD&V Marianne Thyssen pour une solution négociée à BHV. La seconde a invité à cesser les caricatures et à montrer son envie d'avancer avec un gouvernement qui poursuive son travail pour dépasser la crise économique.
Quant à savoir si l'on optera pour un règlement définitif du problème BHV ou une solution transitoire (du type retour aux anciennes circonscriptions), Mme Onkelinx a affirmé qu'à l'heure actuelle, tout le monde ou presque était d'accord pour ne pas se diriger vers une solution seulement transitoire.
On peut débattre de l'alternative entre une solution temporaire ou définitive, a nuancé Didier Reynders, mais si l'on opte pour la seconde piste, il faut alors ouvrir la discussion à d'autres thèmes, et ouvrir aussi les négociations à l'opposition pour garantir une solution plus forte.
Inquiétude
Du côté de l'opposition, le co-président d'Ecolo Jean-Michel Javaux a rappelé son inquiétude de voir naître une solution intermédiaire à BHV, qui déboucherait sur une campagne électorale marquée par l'institutionnel, alors que la crise économique pourrait étendre ses conséquences sur deux années encore. (belga)


