Procès des cinq Bleus meneurs de la grève au Mondial

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Par: rédaction
17/08/10 - 07h25

Pour tourner la page du fiasco du Mondial et de la fameuse grève de Knysna, la commission de discipline de la Fédération française de football (FFF) se penche mardi sur les cas de cinq meneurs, Abidal, Toulalan, Evra, Ribéry et Anelka, l'absence de Ribéry à l'audition étant prévue, celle d'Anelka probable.

Afin de mener à bien des débats contradictoires dignes de ce nom, l'instance disciplinaire fédérale a convoqué en qualité de témoin Raymond Domenech, ancien sélectionneur, Jean-Pierre Escalettes, ancien président de la FFF, ainsi que l'ancien directeur général adjoint de la FFF, Jean-Louis Valentin, et l'entraîneur adjoint, Alain Boghossian. Mais une grande incertitude plane sur la présence de Domenech, en vacances, qui n'a pas donné signe de vie jusqu'ici.

Où se croit la Fédération française?

Concernant les joueurs, le Bayern Munich a déjà refusé de libérer Ribéry, son joueur-vedette, qui dispute lundi le 1er tour de la Coupe d'Allemagne et vendredi le premier match du Championnat d'Allemagne. "Où se croient les responsables de la Fédération française?" a vitupéré lundi dans le quotidien Bild le président du conseil de surveillance du Bayern Uli Hoeness. Ribéry devrait être représenté par un conseiller.

Anelka, lui, n'a pas non plus donné signe de vie. La FFF doute qu'il se présente en personne à l'audition de mardi et ne sait même pas si le joueur sera représenté, ce qui ne nuira en rien à la conduite des débats. "Anelka, ce sera la surprise. Si ça se trouve, il va débarquer. Si ça trouve, il n'y aura personne", a expliqué une source proche du dossier. Les trois autres joueurs --Abidal, Toulalan, Evra-- devraient être présents mardi matin à l'audition, sans doute accompagnés de leurs avocats ou conseils.

Le cas Anelka, en priorité
"Le cas d'Anelka sera forcément dissocié, poursuit-on de même source. Ca ne concerne pas les autres directement. Même s'il est à l'origine des faits. Son cas sera examiné en priorité". Anelka est celui qui risque le plus a priori dans cette affaire en raison des insultes adressées à Raymond Domenech dans les vestiaires à la mi-temps de France-Mexique.

La nature exacte des insultes reste cependant contestée. Le joueur n'a jamais révélé ces insultes, déclarant juste dans France Soir: "Je marmonne dans mon coin des choses qui resteront dans le secret des vestiaires. Et qui auraient dû y rester". Son renvoi du groupe France le 19 juin après la révélation d'insultes avait, en tout cas, provoqué un mouvement de grève des Bleus le 20 juin à Knysna en solidarité avec le joueur de Chelsea.

Scandale... oui mais l'Euro approche
L'image de l'équipe de France avait été ruinée par cette initiative qui avait provoqué une vague de réactions indignées au plus haut niveau de l'Etat en France. Mais depuis fin juin, l'ambiance a changé en France. Domenech a cédé sa place comme prévu à Laurent Blanc, nouveau sélectionneur qui bénéficie d'un état de grâce et a demandé publiquement à ce que la FFF ne brade pas les qualifications à l'Euro-2012 en étant trop sévère avec les mutins de Knysna.

Blanc avait lui-même décidé d'une première sanction en suspendant ces grévistes pour son premier match en amical en Norvège. "Il y a deux mois, il y avait une unanimité à dire que tout cela était scandaleux, que ces joueurs ne devaient plus jamais porter le maillot, et aujourd'hui, c'est comme si un voile pudique avait été jeté sur cette affaire, explique une source proche du dossier. On ne sait pas si c'est dû à la lune de miel entre Blanc et l'équipe de France, mais maintenant certains en viennent à dire mais pourquoi la FFF s'acharne-t-elle sur ces joueurs? Beaucoup ont tourné casaque".

L'audition commencera à 7h30 GMT mardi matin. La commission de discipline espère rendre ses verdicts --"Il ne faut surtout pas une même décision pour tous. Ce serait la négation de la justice", avance une source proche du dossier-- dans la soirée de mardi, au pire mercredi matin. (afp)

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