Des prisonniers libérés au Chili pour échapper au tsunami

Un directeur de prison de Constitucion, sur le littoral central du Chili, a pris sur lui samedi de libérer ses 103 détenus pour éviter des morts, à l'approche du tsunami qui a suivi le séisme.
 
"C'était une décision humanitaire", a expliqué jeudi à l'AFP le directeur, Enrique Fritz. "Nous sommes très proches de la mer, et je ne pouvais pas les laisser mourir enfermés".
 
La prison, située près de la place centrale de cette station balnéaire, a été en partie détruite par le tremblement de terre de magnitude 8,8. Le toit de la salle des gardiens s'est effondré, comme celui de l'entrepôt.
 
"On a été les derniers à quitter la ville", a déclaré M. Fritz qui s'est enfui à pied vers les collines surplombant Constitucion, lesquelles ont sauvé la vie à la majeure partie de la population.
 
Trois vagues géantes ont emporté peu après le séisme un tiers des habitations de cette ville de 60.000 habitants, faisant une centaine de morts et des centaines de disparus.
 
Des 103 détenus ainsi libérés, 70 ont déjà été repris avec l'aide de la police. Une moitié d'entre eux se sont rendus d'eux-mêmes, "parce qu'ils savaient qu'on les retrouverait de toute façon et que cela ne les mènerait nulle part", note le directeur.
 
Les détenus ont été transférés dans une prison plus à l'intérieur des terres.
Quant aux possibles répercussions de son geste sur sa carrière, le directeur dit "ne rien avoir entendu" de ses supérieurs hiérarchiques à ce jour. (belga)
05/03/10 07h32
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