Les Francofolies de Spa ont pris fin hier soir, avec un show particulièrement efficace de Christophe Willem sur la grande scène. Un peu plus tôt dans la journée, une autre candidate de télé réalité concurrente à celle qui a révélé la Tortue remplissait le Dôme Fortis. Nolwenn Leroy proposait un show intimiste, chose difficile lors de festivals mais défi relevé haut la main.
Après un très joli Cauchemar (comme quoi c'est possible!), Nolwenn a servi une Histoire naturelle qui a emballé la tente peuplée de "visages connus". La chanteuse a un fan club qui la suit de près et qui réagit à la moindre sollicitation. Le public ne s'est effectivement pas fait prier pour siffler et claquer les doigts sur Faut-il, faut-il pas?, ni pour jouer aux choristes sur Nolwenn Owho! On retiendra l'interprétation totalement réarrangée de Cassé, premier titre de Nolwenn qui faisait la part belle aux effets de voix. Elle a baissé d'un ton, du coup les nuances de sa voix n'en sont que plus douces à l'oreille et c'est tant mieux!
Autre scène, autre genre: Phantom (alias Miam Monster Miam) se produisait en compagnie de Lio, en pantalon de cuir et T-shirt très décolleté. Comme il fallait s'y attendre: l'énergie était bien là, la voix nettement moins! Quand on pense que Lio se permet de critiquer les performances de chanteurs en herbe... Mais laissons lui la volonté
de faire passer un bon moment au public présent. On sourit quand elle chante qu'elle est un peu "libertine", un peu "prise de tête", un peu "bananas" et quand elle retrouve son franc-parler.
"Il n'y a pas que le cul dans la vie!"
"J'ai commencé par les bananes mais il n'y a pas que le cul dans la vie. Voilà donc une chanson d'amour romantique", déclarait-elle en levant les yeux au ciel avant d'envoyer Amoureuse solitaire. Et d'enchaîner avec le titre qui a fait sa renommée: "Vous aimez les bananes? Ca tombe bien, on en a des tonnes à partager avec vous! Moi, j'en ai mangé une avant de monter sur scène, mmh, ça fait du bien."
Sur la grande scène, après la prestation pleine de bonne humeur de Monsieur Dupont, c'est Marc Lavoine qui a ravi le public spadois avec une tripotée de tubes. Le rendez-vous fut pris rapidement dans la Rue des Acacias, là où C'est vrai qu'on fume trop. Il y eut de beaux moments d'émotion, notamment lors de l'interprétation de Reviens mon amour. Les yeux tournés vers le ciel et la main tendue, Marc, ému, s'adressait à son père, décédé il y a peu. Il a retrouvé son entrain pour un retour en arrière.
"En préparant ce spectacle, je me suis senti comme une gonzesse. Vous savez, quand vous allez chercher des fringues d'il y a 15 ans et que vous essayez ce vieux jeans qui, miracle, vous va encore. Moi aussi je me suis demandé si mes vieilles chansons m'iraient encore. Je suis allé dans le grenier et j'ai sorti ce qu'on appelle en français des "vieilleries" et en anglais des "vintages". Et d'envoyer, entre autres, Pour une biguine avec toi et Le parking des anges. On eut droit encore à Toi mon amour, J'ai tout oublié et l'inévitable Les yeux revolvers.
Les Francos ont donc pris fin avec le show imparable de Christophe Willem. Eh oui, comme vendredi où Renan Luce passait après Alain Souchon, c'est le plus jeune qui avait l'avantage sur son aîné hier soir. Il a fait honneur... à cet honneur! C'était drôle et dansant. Une fin à la hauteur de l'événement.
Déborah Laurent


