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Dimanche 15/07 "Festivaliers de Dour = héros", voilà ce qu'affichait la page Facebook officielle du festival ce dimanche matin. C'est que l'édition 2012 de Dour a été particulièrement malmenée d'un point de vue météorologique, poussant de nombreux festivaliers à rentrer chez eux plus tôt que prévu. Ceux qui sont restés, les plus courageux, ont eu l'occasion de vivre un dimanche qu'ils n'oublieront sans doute pas de sitôt...
Lorsqu'on arrive sur la plaine de la Machine à Feu, on est frappés par l'état des lieux. On s'attendait à trouver de la boue, comme les jours précédents, mais pas une telle piscine. Le sol ne laisse aucune chance aux chaussures, et les festivaliers qui ne sont pas venus en bottes regrettent amèrement leur choix.
Mais peu importe l'état du sol: c'est le dernier jour de Dour, il faut en profiter. Alors, si certains ont choisi de rentrer chez eux tant la boue les insupportait, ceux qui sont restés ont fait abstraction de la gadoue, s'en sont amusés et ont même fini par trouver la situation étonnamment plaisante. C'est quand on oublie qu'on a les pieds dans la flotte qu'on commence à trouver ça sympa: où peut-on faire des batailles de boue et sauter dans les flaques de toutes ses forces ailleurs qu'à Dour?
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Sexion d'Assaut
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C'est donc dans une immense mare de boue que les festivaliers ont accueilli Sexion d'Assaut. Le groupe de Français était très attendu. Le public est au rendez-vous, et est même chaud bouillant. Les mains sont tendues vers le ciel et les lèvres récitent les paroles d'un rap qui ne laisse pas indifférent.
Sur scène, il manque deux personnes. Les membres du groupe expliquent qu'elles sont absentes "pour raison médicale". Cette absence obligera Sexion d'Assaut à passer une bande son pour remplacer les deux chanteurs pendant les chansons "Ma direction" et "Désolé".
Malgré ce petit couac involontaire, le public est conquis et reste devant la scène lorsque la pluie s'abat à nouveau sur Dour. Sexion d'Assaut a rassemblé les "héros" du festival et a réveillé tous ceux qui avaient encore les paupières collées après leur pénible nuit humide.
Juste après Sexion d'Assaut, on se dirige vers la Marquee, où se produit Chairlift. Le duo américain offre une pop électronique aux accents new wave aux festivaliers, qui se balancent en rythme et en douceur sur le parquet boueux du chapiteau. La voix angélique de la chanteuse envoûte et fascine. On se laisse emporter par ces performances vocales et on revient régulièrement sur terre grâce aux sonorités musicales étonnantes et atmosphériques, qui charment dès la première écoute.
Dans la Magic Tent, c'est au tour de Disiz de débarquer. L'homme assure une grande partie du show tout seul, ralliant à sa cause le public du chapiteau bondé. Le rap de Disiz est fidèle à lui-même et la chanson "J'pète les plombs" fera bondir les spectateurs, qui attendaient visiblement le morceau devenu culte.
Un peu plus tard sous la Marquee, des habitués du festival de Dour, les Subways. Billy et Charlotte reviennent comme on les a connus: pétillants et énergiques. Leurs morceaux, très rock, font danser les festivaliers, qui s'enthousiasment à la vue de la pêche des membres du groupe. C'est que les deux chanteurs, guitare à la main, courent partout sur la scène, secouant les cheveux et galopant de droite à gauche. Impossible de rester statique au vu d'une telle énergie! Au niveau des chansons, The Subways proposera au public quasiment tous ses tubes, de "Rock'n Roll Queen" à "Mary", en passant par "Oh Yeah".
A 22 heures, l'un des artistes les plus attendus de ce dimanche monte sur scène. Orelsan livre au public de Dour, venu en très grand nombre l'écouter, son rap tantôt humoristique, tantôt profond. Une bonne partie des spectateurs connait tous les morceaux par coeur et chante en même temps que l'artiste, qui se débrouille d'ailleurs vraiment bien en live.
Orelsan est entier. Il vit sa musique et le prouvera notamment dans son morceau "Suicide Social", qu'il interprétera de façon magistrale, avec une émotion et une sincérité que le public ne manquera pas de saluer. Le rappeur, en terrain conquis, sera parvenu sans problème à faire chanter la foule sur "La terre est ronde", "Plus rien n'm'étonne" et "Le chant des sirènes", et quittera la scène sous un tonnerre d'applaudissements.
Juste après Orelsan, on change de style sous la Magic Tent: c'est au tour de C2C de débarquer. Les quatre DJ's sont eux aussi plébiscités par le public, qui tient à profiter au maximum de la prestation de ceux qui ont été sacrés quatre fois champions du monde de DMC (Disco Mix Club).
C2C, formé de membres d'Hocus Pocus et de Beat Torrent, offre un show dansant original et créatif, qui mêle les performances de DJ, de scratch et de composition. Sous la Magic Tent, on danse beaucoup, particulièrement sur le morceau "Down the Road", mais pas mal de spectateurs quitteront le show en plein milieu pour se diriger vers la Last Arena, où se produisent d'autres monstres de la musique électronique.
C'est en effet les Bloody Beetroots qu'on retrouve en fermeture de festival sur la scène principale. Les trois hommes qui composent le groupe sont bien décidés à offrir un DJ set qui clôturera dignement le festival de Dour. Sur une plateforme formée par le nom du groupe, les artistes s'affairent sur leurs platines. Le son délivré est puissant, agressif et néanmoins très dansant.
Le ciel est désormais calme, et tout le monde se trémousse dans la boue dans un dernier effort, pour terminer la soirée comme il se doit, comme un dernier jour à Dour. Les DJ's seront parvenus à aller chercher les dernières ressources des festivaliers, qui auront bravé le mauvais temps et la condition apocalyptique du sol pendant quatre longs jours.
Au final, Dour 2012, c'était de la boue, de l'humidité et de la débrouille. Mais c'était surtout quatre jours de folie musicale, avec des découvertes surprenantes et des artistes confirmés qui auront ravi tous les types d'oreilles, de la plus jeune à la plus vieille, de la plus traditionnelle à la plus excentrique. L'année prochaine, on reviendra à coup sûr, armés de bottes et de k-way s'il le faut, mais surtout armés de notre envie de continuer l'aventure.
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