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Francos Quand nous les avons rencontrés, ils avaient mille bornes dans les pattes. Ils allaient en faire autant pour mettre le cap sur Nice où ils se produiront ce soir. Skip The Use enchaîne les concerts survoltés. Ils étaient à Spa hier, ils seront à Bruxelles le 4 octobre.
Skip The Use, emmené par Mat Bastard, au chant, déchaîné, se produisait hier au Village Francofou à Spa. Nous les avons rencontrés juste après leur prestation enflammée, la première à marquer les esprits de cette 19e édition des Francos. L'occasion de nous parler de leur dernier album en date, Can be late, de leur première partie de Johnny et de retracer brièvement leur histoire.
On vous a découvert en live avant de découvrir l'album. Est-ce qu'on peut dire que Skip The Use est un groupe de scène du coup?
Non, parce qu'on a un album. On a essayé de faire un vrai travail de studio qui nous a pris du temps et qui nous vraiment intéressé. On fait une mise en scène de cet album sur le live. C'est vrai que les gens ont d'abord découvert le live avant le disque mais on les encourage à l'écouter: c'est un aspect du projet, ça fait partie d'un tout.
Vous formiez, avant 2008, le groupe Carving. Vous avez changé de nom en 2008 pour devenir Skip The Use. Ce changement de nom, c'était synonyme d'une nouvelle impulsion?
On est passé carrément à autre chose. On avait envie de faire une musique différente mais pas de la faire avec d'autres personnes. C'est juste qu'on a fait évoluer notre façon de faire de la musique, notre façon de produire. On n'avait pas envie que le projet change radicalement, on voulait juste un nouveau départ, recommencer à zéro.
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Carving, c'était du punk. On retrouve ce côté punk dans Skip The Use mais le punk, c'est surtout une attitude...
Oui, c'est pour ça que ça ne nous quitte pas, c'est comme ça qu'on est. C'est l'essence même du punk en fait: ce n'est pas de la musique, c'est d'abord une façon de penser et le côté populaire au premier sens du terme. On a ça en nous, qu'on fasse du funk, de l'électro. On a envie de faire une musique qui soit proche des gens. On veut être honnête dans notre façon de produire mais en même temps accessible.
Skip the use, on peut comprendre ça comme "laisser tomber les convenances"... Pourquoi avoir choisi ce nom-là?
Il faut essayer de faire un truc avec son voison qu'on ne connaît pas, essayer de sortir de sa carapace. Nous aussi on fait ce travail-là de s'exterioriser. Dans la vie, on n'est pas des vrais déglingos. On essaie de faire sauter les barrières.
Avoir du succès, ça n'enferme pas, ça n'empêche pas de faire exactement ce qu'on veut?
Non, on a vraiment de la chance. On fait ce qu'on sait faire. On reste comme on est, c'est beaucoup plus simple. Les gens kiffent ça donc... Le succès, ça nous permet de conforter dans notre idée qu'on ne se plante pas trop dans ce qu'on fait, on se dit que ce n'est pas trop mal. Mais si ça se passe bien en étant naturel, pourquoi changer? Et puis, on est des bonnes têtes de cons aussi. on a toujours fait ce qu'on voulait. Ca n'a pas toujours été simple à cause de ça mais on devient un peu trop vieux pour faire autrement.
Mat, vous avez dit dans une autre interview que vous pourriez arrêter la musique si votre vie familiale le demandais. Et vous ajoutiez: "la musique, ce n'est que du boulot." C'est vraiment comme ça que vous voyez les choses?
C'est notre job. On aime notre job. Mais j'essaie de ne pas mettre de côté passionnel dans la musique. Si je vois ça comme un travail, ça veut dire que quelque soit la scène, quelque soit le public, je dois le faire bien parce que c'est mon job. Si tu mets de la passion, le jour où tu n'es pas bien, où t'es déprimé, tu ne fais pas bien ton job. Je veux faire mon job bien partout qu'il y ait trois personnes, trente ou 3000. Le jour où je ne peux pas le faire comme ça, parce que la santé, parce que la famille, j'arrêterai. Je n'ai pas envie que le fait de le faire bien ou pas soit dépendant de mon bien-être intérieur.
Et cette façon de penser vient du fait qu'un jour, il y a eu trop de passion et que vous vous êtes laissé déborder?
Il y a des gens qu'on aime, qu'on adore qui nous ont donné envie de faire ce métier qui font les choses comme ça. Ils nous disaient: il n'y a pas de secret, c'est un job c'est tout. On s'accroche à ça.
Vous avez fait beaucoup de premières parties de Rage against the machine à Johnny Hallyday récemment. Vous étiez étonnés qu'on vous propose la première de Johnny?
Déjà, on nous propose le Stade de France. C'est déjà super. Et Johnny, c'est une figure emblématique. On a fait une date sur les trois proposées. On voulait voir ce que c'était. Et puis, s'attaquer au public de Johnny, c'est quelque chose. On n'avait pas l'habitude de voir autant de Johnny au premier rang. Et puis, tout ça, ça nous aide, on apprend plein de trucs. Il faut vraiment être prétentieux pour refuser. La moitié du pays a un disque de Johnny chez lui. On a vu un spectacle de variété très différent du nôtre, des rouages différents, c'est intéressant. On est en phase d'apprentissage.



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