Il est des artistes dont il est toujours délicat de parler en mal. Des artistes qui ont une base incroyable de fans, qui font abstraction des erreurs de leur idole et hurlent dans les concerts, qu'ils voient généralement plusieurs fois, aux premiers rangs évidemment, parfois en pleurant d'émotion. Madonna est de ceux-là (les réactions énervées postées sous la critique de son concert au Stade Roi Baudouin le prouvent). Mylène Farmer également.
On ne touche pas à Mylène. La rouquine n'a pas besoin de défendre ses projets: ses admirateurs fidèles se chargent de répéter à chaque sortie d'album que "c'est le meilleur de sa carrière." Ca ne loupe pas avec "Monkey Me", dans les bacs ce mardi. L'album n'est pas encore disponible que les places pour ses concerts s'arrachent. Mylène ne change donc pas sa stratégie marketing: pourquoi le ferait-elle? Elle fait une courte apparition au JT de TF1, elle donne une interview au Figaro et ça ira comme ça.
Les synthés années 90, ça fait encore rêver quelqu'un?
Mylène se dévoile le moins possible et les journalistes qui la rencontrent ne font rien pour la faire sortir de sa réserve. On aurait aimé que les rares personnes du métier qui ont eu l'occasion de l'approcher dernièrement la bousculent un peu. Qu'elle nous explique pourquoi elle continue à nous sortir des synthés dignes des années 90 comme si ça faisait encore rêver quelqu'un. On dit généralement que ce sont dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. L'adage ne se vérifie pas avec "Monkey Me".
© belga.
On avait espéré des retrouvailles avec son complice de toujours Laurent Boutonnat, qu'elle avait délaissé sur l'album précédent, plus heureuses, plus inventives. Mais Mylène continue à jouer des mots issus du même champ lexical (elle parle de mort, de naufrage, de monde qui s'écroule) sur des beats technos qui font mal aux oreilles. Dans ce genre-là, "Love Dance" et ses paroles à la noix en anglais remportent la palme de la chanson inutile. Note spéciale aussi au saxo ringard de la plage titulaire de l'album.
Finalement, c'est sur les ballades que Mylène Farmer et sa voix passée à la moulinette de l'autotune s'en sort le mieux. L'ambiance 80/90 est toujours là mais c'est moins flagrant. On a donc aimé "Elle a dit", en ouverture de disque, qui parle d'une fille qui aime les filles. N'allez pas lui demander pour autant de devenir porte-parole de la cause homosexuelle. Claire Chazal lui a demandé si elle désirait en faire son combat. Mylène se dit pour le mariage gay mais pas impliquée à ce point-là.
"Monkey Me" permettra en tout cas à la célèbre et tant aimée rouquine d'esquisser quelques pas de danse en petite tenue sur scène. Un exercice dans lequel elle excellait par le passé. En espérant qu'elle ait pensé à renouveler ses chorégraphies... A vérifier les 13, 15 et 16 novembre 2013 au Palais 12 à Bruxelles. Tickets au 0900/00.456 ou sur Internet, ici.



Par: