Kadhafi menace Sarkozy de la révélation d'un "grave secret"

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Par: rédaction
10/03/11 - 15h16
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Critiquée pour ses atermoiements face aux révoltes en Tunisie et en Egypte, la France est devenue jeudi le premier pays à reconnaître l'opposition armée au régime du colonel Mouammar Kadhafi comme le seul "représentant légitime" du peuple libyen.

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A l'issue d'un long entretien avec le président Nicolas Sarkozy, trois émissaires du Conseil national de transition (CNT) libyen ont annoncé que Paris avait décidé de faire de leur organisation son unique interlocuteur libyen et d'envoyer un ambassadeur à Benghazi, le siège de la contestation au colonel Kadhafi, à un millier de kilomètres à l'est de Tripoli.

"Une action politique importante"
"Sur la base de cette reconnaissance, nous allons ouvrir une représentation diplomatique, donc notre ambassade à Paris, et un ambassadeur de France sera envoyé à Benghazi", a déclaré un de ces émissaires, Ali Essaoui, "il sera installé de façon transitoire à Benghazi, avant de retourner à Tripoli".

Ces déclarations ont été confirmées dans la foulée par l'entourage de Nicolas Sarkozy, qui a raccompagné ses trois invités sur le perron de la présidence et leur a longuement serré la main pour les photographes et les télévisions. "C'est une action politique importante", a-t-on insisté.

"Un plan global"
A l'issue de leur entrevue avec le chef de l'Etat français, les représentants de l'opposition libyenne ont aussi indiqué que leur hôte allait proposer vendredi à Bruxelles aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne (UE) un "plan global" sur la crise libyenne.

Tout en confirmant son existence, la présidence n'a pas livré les détails de ce plan mais en avait déjà esquissé quelques grandes lignes mercredi, avant le rendez-vous de Nicolas Sarkozy avec les opposants libyens.

"Danger migratoire"
Selon l'entourage du président, la France souhaite renforcer l'action humanitaire déjà engagée avec l'ONU en Libye dans la zone contrôlée par les rebelles et que l'UE examine la question d'un embargo sur le pétrole libyen. Paris veut aussi aborder avec ses partenaires européens la question du "danger migratoire" suscité par l'insurrection libyenne.

Hors du cadre européen, Paris et Londres travaillent aussi à l'ONU à un projet de résolution du Conseil de sécurité, qui permettrait d'imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye.

La France a choisi le camp des rebelles
En choisissant clairement le camp des rebelles à la veille du sommet de Bruxelles, Nicolas Sarkozy, qui a réclamé plusieurs fois le départ du colonel Kadhafi, souhaite entraîner le reste des pays européens, jusque là prudents et divisés sur leur attitude face à la crise libyenne.

Jeudi, son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a souhaité à Bruxelles que, comme la France, les Européens engagent le dialogue avec "les nouveaux responsables libyens". M. Juppé a assuré être "en phase" sur ce thème avec son collègue allemand Guido Westerwelle.

L'Europe plus prudente
Nettement plus prudente, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a ainsi refusé mercredi de soutenir la demande du CNT d'être reconnu comme seule autorité légitime en Libye, appuyée par le Parlement européen.

La position très ferme exprimée par la France sur la Libye intervient après les sévères critiques visant sa retenue excessive face aux soulèvements populaires qui ont emporté les régimes "amis" de Zine El-Abidine Ben Ali en Tunisie et Hosni Moubarak en Egypte.

Après la décision française, la riposte du colonel Kadhafi, que Nicolas Sarkozy avait reçu en grande pompe fin 2007 à Paris, ne s'est pas fait attendre. L'agence officielle libyenne Jana a assuré jeudi qu'un "grave secret", en lien avec "le financement de sa campagne électorale", allait "entraîner la chute" du président français. (afp/chds)

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