Le soutien de BHL à la révolution syrienne embarrasse plus qu'il enthousiasme.
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Après la Libye, Bernard-Henri Lévy a décidé d'épauler la révolution syrienne. Un soutien rejeté par les rebelles qui appellent au boycott de "cet ennemi des droits des Palestiniens".
BHL sème la discorde au sein de l'opposition syrienne. Le philosophe avait convié ses représentants à l'étranger à se retrouver à Paris, dans le cadre d'une soirée baptisée "SOS Syrie". Si certains d'entre eux y ont répondu favorablement, une grande partie des opposants s'est sentie piéger de n'avoir pour seul rendez-vous qu'un entretien avec BHL et a reproché à certains compatriotes de s'être laissés séduire par ce soutien ambigu.
Un nombre de membres de l'opposition craignent de voir l'intellectuel français récupérer leur cause et permettre à Damas de l'exploiter en raison de ses liens étroits avec Israël. Comme l'a déclaré Suhair Atassi, figure emblématique de l'opposition syrienne, "celui qui se fait l'ennemi des droits d'un peuple ne peut prétendre soutenir une révolution fondée sur les mêmes droits" avant de rappeler que "BHL a considéré les enfants tués à Gaza comme des dommages inévitables de la guerre contre le terrorisme et en réponse au massacre dans le camp de réfugiés de Jénine en 2002, il avait visité le camp à bord d'un char israélien et la presse avait publié ses photos et sa déclaration selon laquelle: L'armée israélienne est l'armée la plus humaine de l'histoire moderne".
Cette filiation entre BHL et Israël risquerait, toujours selon les opposants, de fragiliser la rébellion inquiète de voir Bachar el-Assad exploiter ce rapprochement pour discréditer ses opposants en exil. C'est pourquoi trois intellectuels de l'opposition syrienne en France avaient signé un appel titré "Bernard-Henri Lévy, épargnez aux Syriens votre soutien".
Lundi soir, le philosophe français avait organisé une soirée baptisée "SOS Syrie" où furent conviés plusieurs invités de marque (Fabius, Kouchner, Delanoë, Glucksmann, Fadela Amara ou encore...Jane Brikin) et tous les membres de l'opposition syrienne en exil. Désireux d'offrir aux principales tendances de l'opposition la possibilité de s'exprimer pour la première fois sur le Vieux Continent, puis à travers un espace spécialement dédié sur sa revue en ligne, BHL a vu son initiative prendre du plomb dans l'aile lui qui, pourtant, déclarait "ressentir un grand malaise face à cette interpellation insistante selon laquelle je m'intéressais uniquement à la Libye". Visiblement, les opposants syriens sont loin de partager cet avis. (LS)


