Deux figures de la révolte arrêtées en Syrie

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Par: rédaction
16/02/12 - 19h27
Homs, siège de la rébellion, bombardée par l'armée régulière syrienne © photo news.

Deux figures de la révolte contre le régime du président syrien Bachar al-Assad, le journaliste Mazen Darwich et la blogueuse Razzan Ghazzawi, ont été arrêtées jeudi par les forces gouvernementales qui bombardaient toujours plusieurs villes rebelles.

© photo news.
Le président syrien Bachar al-Assad © photo news.

Ces violences surviennent au lendemain de l'annonce par le régime d'un référendum le 26 février sur un projet de Constitution rejeté par l'opposition, et à quelques heures d'un vote à l'Assemblée générale de l'ONU sur un projet de résolution condamnant la répression.
La Russie, une alliée du régime syrien, a d'emblée fait savoir qu'elle ne soutiendrait pas une "résolution inéquitable".
 
Comme régulièrement depuis le début de la révolte le 15 mars 2011, l'annonce de réformes a été suivie par une escalade des violences, qui ont fait 22 morts jeudi.
 
Les forces du régime ont continué de pilonner Homs (centre), cible d'une offensive particulièrement violente depuis le 4 février, ont attaqué Hama (centre) à la roquette et ont renforcé leur présence à Deraa (sud), a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
 
L'OSDH a en outre exprimé des craintes concernant le sort de "dizaines de personnes" qui auraient été "massacrées" mercredi à Sahm al-Jolane, dans la région de Deraa, demandant aux autorités de faire toute la lumière sur leur sort.
 
L'agence officielle Sana a fait état pour sa part de la mort d'un imam syrien, abattu par un "groupe terroriste armé" mercredi soir près de Damas.
 
Jeudi, la politique d'arrestations a touché le journaliste Mazen Darwich et la blogueuse Razzan Ghazzawi qui, sans relâche depuis des mois, se font l'écho de la répression.
 
Vers 14H00, des membres de services de sécurité ont fait irruption dans le Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression à Damas et arrêté Mazen Darwich (directeur du centre), sa femme et un employé, selon un opposant.
 
Treize autres personnes, dont Mme Ghazzawi, blogueuse "symbole" de la révolte, qui se trouvaient dans les locaux de cette association, ont également été interpellées.
 
Razzan Ghazzawi, une Américano-syrienne de 31 ans, animait un blog en Syrie sous son vrai nom et avait déjà été incarcérée deux semaines en décembre.
 
Face à la poursuite des violences, les opposants syriens ont rejeté en bloc le projet de Constitution et appelé à boycotter le référendum.
 
Le blocage reste ainsi total, d'autant plus que la communauté internationale reste divisée: Washington a qualifié l'annonce du référendum de "plaisanterie" alors que la Russie a parlé de "pas en avant".
 
Et la Chine a annoncé l'envoi vendredi en Syrie d'un vice-ministre des Affaires étrangères, qui s'est déclaré opposé à un "changement de régime amené par la force".
 
Jeudi soir, l'Assemblée générale de l'ONU doit se prononcer sur un projet de résolution condamnant la répression, moins de deux semaines après le blocage par un veto russo-chinois d'un texte similaire au Conseil de sécurité. L'adoption du texte est très probable mais sa portée sera surtout symbolique. (belga)
 

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