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L'opposition a appelé samedi l'ONU à intervenir militairement en Syrie, à quelques heures d'un vote attendu au Conseil de sécurité sur l'envoi d'une plus importante mission d'observation de la trêve violée depuis 10 jours avec près de 200 morts. Cette mission s'annonce à haut risque pour ces Casques bleus envoyés sans armes dans une zone de conflit où il n'y a pas eu d'accord formel de cessez-le-feu, une décision sans précédent aux Nations unies.
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Damas a signé, après des tergiversations, le protocole organisant le travail, et en particulier la liberté de mouvement, des premiers observateurs arrivés le 15 avril, mais ils se sont vus jusqu'ici refuser l'accès à Homs, ville symbole du centre du pays bombardée en dépit de la trêve.
Le Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition, a appelé les observateurs à se rendre "immédiatement" à Homs pour arrêter "les crimes du régime sanguinaire. Les corps des martyrs sont empilés dans les rues du quartier de Bayada où les destructions sont terrifiantes".
Les militants ont cependant affirmé que le calme régnait dans la matinée à Homs, contrairement aux jours précédents. Selon l'un d'eux, Khaled Tellaoui, "le pilonnage a cessé, l'électricité et les communications sont coupées dans la plupart des régions. Ce calme indique peut-être qu'une visite des observateurs internationaux à Homs est proche".
"Nous appelons de nouveau le Conseil de sécurité de l'ONU à agir de toute urgence en intervenant militairement pour faire cesser les crimes perpétrés par le régime sanguinaire à l'encontre du peuple syrien sans armes", a affirmé le le CNS dans un communiqué.
Le régime et l'opposition s'accusent mutuellement de violer quotidiennement le cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril conformément au plan de l'émissaire international de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan.
Vendredi, les violences ont coûté la vie à 46 personnes -29 civils et 17 soldats-, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Au total, les violences ont fait au moins 11.100 morts en 13 mois et des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées, selon l'ONG.
Le régime ne reconnaît pas la révolte populaire qui s'est militarisée face à la répression sanglante et affirme combattre des "groupes terroristes" responsables des violences.
Alors que le Conseil de sécurité se réunit à 15H00 GMT pour en principe voter un texte autorisant le déploiement pour une période de trois mois de 300 observateurs, l'équipe de Kofi Annan "ne se fait pas d'illusions" sur une amélioration de la situation, a affirmé un diplomate occidental. Mais elle fait valoir, selon lui, "qu'envoyer les observateurs c'est mettre le pied dans la porte" et agir comme un "élément de modération sur le comportement du régime" accusé par les Occidentaux de faillir à ses engagements depuis le début de la crise. De toute façon, "il n'y a pas de plan B", dit-il.
Prendre des sanctions c'est s'exposer à de nouveaux veto russe et chinois qui ont déjà bloqué deux résolutions. Sur la mission d'observation, Moscou a proposé un texte concurrent qui ne prévoit pas de sanctions contre le régime s'il ne retire pas ses chars des villes comme réclamé par le plan de M. Annan.
L'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant a estimé que les 15 pays membres "étaient très proches d'un accord" et son homologue français Gérard Araud a dit penser "qu'il y aura un accord". L'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice a prévenu que "le Conseil pourrait autoriser tout de suite le déploiement complet des observateurs mais s'ils ne peuvent pas se déplacer librement, visiter les points chauds, ils ne seront pas efficaces".
La veille, des milliers de Syriens sont descendus dans les rues pour interpeller l'équipe restreinte d'observateurs déjà sur le terrain. "Où sont les observateurs"? "Où sont les résolutions contraignantes du Conseil de sécurité"? "Cinq observateurs pour surveiller Bachar"? étaient les slogans écrits sur des pancartes brandies par les manifestants.
Amnesty international, pour sa part, s'est inquiétée du sort du cardiologue Mahmoud al-Rifaï, arrêté le 16 février pour avoir soigné des manifestants blessés, et de celui du militant des droits de l'Homme Mohamed al-Ammar, détenu depuis le 19 mars. Tous deux ont probablement été soumis à la torture. Et les autorités syriennes ont annoncé avoir libéré 30 détenus "impliqués" dans le soulèvement populaire mais "sans sang sur les mains".


