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Le Portugal s'ouvre aux "salles de shoot"

Par: rédaction
20/04/18 - 16h35  Source: Belga
© thinkstock.

Presque vingt ans après avoir décriminalisé la consommation de tous types de drogue afin de "soigner plutôt que punir", le Portugal va se doter de ses premières salles de shoot pour venir en aide aux toxicomanes ayant rechuté pendant la crise économique.

Cette décision représente "un pas de plus dans le cadre d'une politique couronnée de succès, qui consiste à voir les toxicomanes non pas comme des criminels, mais comme des êtres humains en difficulté", s'est félicité jeudi le maire de Lisbonne, le socialiste Fernando Medina, lors de la présentation de ces "programmes de consommation surveillée".

Entre fin 2018 et début 2019, deux installations fixes et une unité mobile seront créées dans des quartiers de la capitale portugaise où des consommateurs s'injectent leur drogue en pleine rue, dans des conditions particulièrement nuisibles pour leur santé.

En dépit des résultats "globalement positifs" des mesures mises en place depuis la décriminalisation de 2001, "nous constatons une recrudescence de la consommation au sein d'une frange de la population particulièrement fragile", explique Joao Goulao, président du Service d'intervention sur les comportements addictifs et les dépendances (Sicad), qui chapeaute la politique de lutte contre la toxicomanie au Portugal.

"Il s'agit pour l'essentiel d'anciens consommateurs d'héroïne qui ont rechuté pendant la crise économique et sociale" qui a suivi la crise financière de 2011, provoquant notamment un taux de chômage record, précise-t-il.

D'après le diagnostic présenté jeudi par les institutions, les salles de consommation surveillée s'adresseront à quelque 1.400 utilisateurs, à 80% des hommes et d'une moyenne d'âge supérieure à 40 ans.

Depuis la loi de décriminalisation de 2001, la consommation de drogues reste interdite au Portugal mais n'est plus un crime passible de poursuites judiciaires. Les consommateurs interpellés par la police doivent comparaître devant des "commissions de dissuasion de la toxicomanie" qui, sous la tutelle du ministère de la Santé et composées de psychologues, de juristes et d'assistants sociaux, ont pour mission d'apporter une réponse adaptée à chaque personne, qu'il s'agisse d'un consommateur occasionnel ou d'un toxicomane problématique.

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