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Bea Diallo (à gauche) et Raymond Joval (à droite) vont remonter sur le ring quinze ans après leur dernier combat. © M Duv

Diallo-Joval, un Acte III pour la bonne cause: “Une rencontre complètement dingue”

InterviewBea Diallo, aujourd'hui âgé de 48 ans, et le Néerlandais Raymond Joval, âgé de 51 ans, vont s’affronter pour la troisième fois ce samedi 11 janvier au Palais 12 du Parc des Expositions à Bruxelles. Mais l’enjeu ne sera plus le même. Ce sera en effet pour deux autres (bonnes) causes: celle de l’Afrique, en particulier de la jeunesse guinéenne, et du public auquel les deux anciens boxeurs ont promis d’offrir du spectacle. À quelques jours de ce combat attendu, le Belge s’est confié à 7sur7.

L’ancien champion du monde IBO des poids moyens est surmotivé à l’approche de son combat face à son grand rival Raymond Joval. Après deux défaites (dont une controversée) au Spiroudôme en 2003, et au Palais du Midi en 2005, Bea Diallo veut prendre sa revanche. 

Cette rencontre, c’est lui qui l’a organisée avec sa fondation “Fight For Africa”. Les bénéfices de cette “Night of the Untouchables”, qui se déroulera au Palais 12 à partir de 16h, permettront de financer un centre de formation de métiers et savoir-faire en Guinée (puis un autre, au Congo), afin d’assurer un avenir à la jeunesse du pays, et la détourner des voies si souvent tragiques et coûteuses de l’immigration clandestine.

À travers cet événement, Bea Diallo veut lancer un message d’espoir à l’Afrique. “J’ai voulu faire ce combat pour montrer aux jeunes d’Afrique que rien n’est impossible. Je veux qu’ils croient que ce continent peut être leur avenir. Je veux montrer une Afrique gagnante à travers notre soirée de gala”, explique-t-il. 

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Jamel Baky, Ibrahim Diallo, Anas Messaoudi et Bea Diallo. © M Duv

Deux adversaires pour une seule cause: l’Afrique

Le Belge s’est confié sur les coulisses de l’organisation de ce choc. “C’est une troisième rencontre complètement dingue. Au début, quand je l’ai contacté pour lui proposer ce combat, il m’a dit: ‘Qu’est-ce que je vais aller foutre (sic) là, j’ai 50 ans’”, lance-t-il.

“Puis, je lui ai expliqué pourquoi je voulais le faire”, ajoute-t-il. “Raymond Joval, c’est un Néerlandais d’origine surinamienne. Avec ce challenge que je lui ai lancé, il a redécouvert ses racines. Il m’a dit que c’était la plus belle chose qu’il pouvait rendre à ses origines. Ça l’a grandement motivé et il s’est entraîné comme un dingue. On a perdu tous les deux une quinzaine de kilos depuis le mois d’août.”

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Symbolique­ment, c’est très fort.

Bea Diallo

Celui qui est devenu un homme politique après sa carrière de sportif s’est également confié sur ce choix d’adversaire. Combattre face à Raymond Joval est loin d’être un hasard. “Ce n’était vraiment pas mon pote (rires). Mais en lançant le défi, je me suis demandé ce qu’il y avait de mieux comme motivation. J’ai donc choisi le boxeur le plus détesté de Belgique à mon époque. À deux, on veut montrer à l’Afrique que rien n’est impossible.” 

Pour lui, ce duel est paradoxal, mais montre qu'il faut repousser ses limites pour réussir. “Symboliquement, c’est très fort. Deux mecs qui se sont tapés sur la gueule (sic), qui ne s’aiment pas vraiment, ni sur le ring, ni en dehors, et aujourd’hui, ils se retrouvent pour la bonne cause, c’est ça le message”, déclare-t-il.r

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Bea Diallo, ex-champion du monde WBF chez les pros et Anas Messaoui, espoir belge chez les pros en poids welters. © M Duv

Un rythme d’entraînement (très) intense

Cet “Acte III” du duel Diallo-Joval se situe forcément entre un véritable combat et une exhibition. Mais la préparation a été dure et longue. Le quinquagénaire a beaucoup souffert pour revenir en forme. “J’ai mal partout, j’ai des douleurs articulaires et musculaires assez embêtantes (rires), mais j’ai une très bonne condition physique.”

Depuis l’été dernier, le septuple champion du monde IBF ne chôme pas. “J’ai vraiment commencé à m’entraîner à partir du mois d’août en allant courir pour perdre du poids. Je faisais deux entraînements par jour au début et depuis quelques semaines, je suis passé à trois voire quatre entraînements. Ça veut dire que je me lève très tôt le matin. Vers 5h, je vais courir, puis je vais à la salle, et vers 8h, je vais au travail. Sur ma pause du midi, je retourne à la salle. Et le soir aussi, je vais faire un petit entraînement. Donc, ça fait trois à quatre entraînements par jour”, confie-t-il.

Bea Diallo s’est fixé des objectifs pour ce duel: “Je veux faire une performance et arriver à finir les dix rounds.” En effet, le combat se déroulera en dix rounds (de 2 ou 3 minutes), ce qui n'est pas rien. S'il n'y a pas de pointage pour désigner un vainqueur à l'issue de l'explication, il ne s'agira en aucun cas d'une parodie. 

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Anas Messaoui et Bea Diallo © M Duv

Plusieurs combats professionnels au programme

Outre de la danse, de la variété, du cirque et un défilé de mode, la boxe sera bel et bien au centre de la Nuit des Intouchables du 11 janvier. 

Les amateurs francophones et néerlandophones, dont le fils de Bea Diallo, Ibtrahima Diallo, et Delfine Persoon qui tenteront en mars à Londres de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo, seront ainsi opposés à des équipes britanniques. Plusieurs combats professionnels figurent par ailleurs également à l'affiche. Djamel Bahki, Alex Miskirtchian, "Big Joe" Tambwe, Mohamed El Marcouchi, Gegham Eloyan et El Sialiti Sohaib seront notamment de la partie. Sans oublier Anas Messaoudi, 26 ans, toujours invaincu en huit combats, tous remportés, dont six avant la limite.

Il disputera en effet le championnat du Benelux des welters (-66,678 kilos) contre le... Français Cédric Peynaud, 33 ans (8 victoires, 6 défaites et 3 nuls), lequel pratique également le kickboxing.

Pour réserver vos places pour assister à ce grand événement de solidarité, rendez-vous sur www.palais12.com.

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Bea Diallo et Raymond Joval lors de la présentation de la rencontre. © Photonews
  1. Neuville 3e après deux journées à Monte-Carlo, Ogier en tête

    Neuville 3e après deux journées à Mon­te-Car­lo, Ogier en tête

    Thierry Neuville occupe la 3e place du rallye de Monte-Carlo, première manche du Championnat du monde des rallyes (WRC) à l'issue de la deuxième journée disputée vendredi. Le pilote belge est à 6.4 secondes du leader, le Français Sébastien Ogier (Toyota). Le Britannique Britannique Elfyn Evans (Toyota) est 2e à 1.2 d'Ogier. L'Estonien Ott Tänak, champion du monde en titre et nouvel équipier de Neuville, a été contraint à l'abandon après une violente sortie de route.