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Marieke Vervoort © AFP

Euthanasiée, Marieke Vervoort avait réglé tous les détails de sa mort: “Les gens pleureront, mais...”

Marieke Vervoort est décédée mardi à l’âge de 40 ans, comme elle l’avait souhaité, se laissant euthanasier après un long combat contre une maladie dégénérative des muscles. Championne paralympique à Londres, Vervoort souffrait d’une tétraplégie progressive, une maladie rare qui paralyse les jambes, diagnostiquée lorsqu’elle avait 14 ans. Un processus irréversible.

“Je suis une fille joyeuse qui s’est retrouvée paralysée et dans un fauteuil roulant à cause d’une maladie rare”. C’est ainsi que Marieke Vervoot a commencé son livre “Wielemie: sport pour la vie”, publié en 2012. La sprinteuse avait 14 ans quand sa “tétraplégie progressive” s’est déclarée. Son adolescence a été rythmée de rendez-vous “d’un docteur à un autre, qui ne savait pas ce que j’avais et m’annonçait des mauvaises nouvelles”, avait-elle expliqué.

Éternelle optimiste, Vervoort a consacré son corps blessé au sport avec un franc succès: elle pratique d’abord le basket en fauteuil roulant, puis la natation, ce qui la mène au triathlon. Championne du monde de paratriathlon en 2006, et l’année suivante, en octobre 2007, elle réalise un de ses rêves en disputant l’une des épreuves les plus mythiques au monde, l’Ironman d’Hawaï.

Lorsque cette discipline est devenue trop exigeante, elle s’est lancée dans le char à voile puis l’athlétisme, en 2012, année où elle devient championne en fauteuil roulant sur 100 m aux Jeux de Londres. Triple championne du monde en fauteuil (100 m, 200 m, 400 m) en 2015, elle a aussi décroché à Rio en 2016 l’argent sur 400 m et le bronze sur 100 m en athlétisme. Avant de mettre un terme à sa carrière.

“Je peux souffrir énormément et tout de même aller chercher l’or”

Un an avant les jeux de Rio, elle parlait ouvertement de l’euthanasie pour la première fois. “Je continue à me battre comme une bête. Mais quand je deviendrai complètement dépendante des autres, on pourra m’euthanasier. Mon état se détériore rapidement, même si je prends des antalgiques qui peuvent tuer un cheval”, confiait-elle à Het Laatste Nieuws. Les papiers pour recourir à l’euthanasie étaient prêts depuis 2008.

Décrochant tous ses succès malgré la maladie qui ne cesse de la tourmenter, Marieke Vervoort passionne la presse internationale avant les Jeux paralympiques de Rio. “Tout le monde me voit heureuse avec la médaille d’or mais ils ne voient pas le côté sombre. Je peux souffrir énormément, dormir parfois seulement 10 minutes par nuit et tout de même aller chercher l’or. Je profite de chaque instant. Quand le moment viendra où il y aura plus de mauvais jours que de bons jours, alors j’aurai mes papiers en main pour l’euthanasie”, avait-elle alors expliqué.

En 2017, Marieke Vervoort voyait arriver la fin. “C’est devenu trop lourd. Je suis maintenant paralysée des orteils à la poitrine, je suis de plus en plus déprimée. Même les antalgiques les plus durs ne peuvent plus m’aider”, confie-t-elle de l’hôpital universitaire de Jette au Telegraph. Malgré sa souffrance, elle lance un message de sérénité au moment d’évoquer sa mort: “Les gens pleureront, mais je veux les remercier pour la vie que j’ai eue, pour le fait que je suis heureuse maintenant que je suis en paix. Le meilleur objectif que tu puisses avoir, c’est de rendre les gens heureux.”

“Oh, va te faire foutre”

Pourtant, elle a trouvé la force d’organiser ses propres adieux. L’année dernière, elle a fait don d’une grande partie de son héritage sportif - ses médailles olympiques, ses vêtements, ses vélos, ses coupes et même ses coupures de presse - au Sportimonium de Hofstade près de Zemst. “Mon plus grand souhait se réalise. C’est bon d’avoir un endroit ici pour toujours. J’espère que les gens recevront mon message: ‘Cessez de vous plaindre et profitez de tous les instants. Parce que c’est grâce à cette mentalité que je suis encore là’”, demande-t-elle.

Jusqu’au bout, Marieke Vervoort conserve son désir d’aventure. En septembre dernier, elle réalise son dernier souhait en roulant à bord d’une Race Lamborghini Huracan Evolution sur le circuit de Zolder. “J’ai pu réaliser beaucoup de rêves. Celui-ci est le dernier”, avait-elle déclaré.

Ces derniers jours, elle a accueilli des proches à l’hôpital, écrit des lettres à des personnes qui lui sont chères. Les présentateurs Tom Waes et Eric Goens étaient présents lorsqu’elle a dit au revoir à un cercle intime, juste avant d’en finir avec ses souffrances mardi soir. “C’était un très bel adieu, serein, dans la paix et le calme. Terriblement triste, mais en même temps positif et humoristique. Ses derniers mots pour moi ont été : ‘Oh, va te faire foutre’. C’était quelque chose que seule Marieke Vervoort pouvait dire”, a expliqué Tom Waes à la VRT.

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