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Pascal Angillis, son épouse et son petit garçon Sidy. © DR.

Le coach du Spirou se retire pour s’occuper de son fils malade: “Qu’est-ce que le basket par rapport à un enfant atteint d’un cancer?”

Pascal Angillis, coach du Spirou Charleroi, a décidé de mettre sa carrière d’entraîneur entre parenthèses pour rester au chevet de son fils, touché par une tumeur à l’œil. Il prend un “congé ponctuel” de deux à trois mois pour “raisons personnelles”, a-t-il expliqué dans un communiqué publié lundi sur le site internet www.spiroubasket.be du club de l’Euromillions Basket League.

“Depuis une dizaine de jours, on a diagnostiqué une tumeur à Sidy, mon fils âgé de 8 ans. Rapidement pris en charge, il suit une thérapie très lourde qui nécessite ma présence quotidienne auprès de ma famille”, révèle le successeur de Niksa Bavcevic.

“Je pleurais derrière la porte du vestiaire”

L’ancien coach des Castors Braine a vécu des moments pénibles les dernières semaines. Il s’est exprimé au sujet de ce drame personnel dans Het Laatste Nieuws.

“Quelques heures après avoir été informé du diagnostique le 4 octobre, j’ai encore coaché contre Mons. Les deux matchs avant, lorsque Sidy était déjà malade, j’ai fait mon job aussi. Je me disais : ‘Que je coache ou que je sois à la maison, cela ne change rien à la situation de mon enfant’. (…) Les premières semaines, j’ai essayé d’encaisser et de continuer au lieu de me morfondre dans un coin. J’estimais que je ne pouvais pas non plus abandonner mes joueurs (…)”, explique-t-il dans Het Laatste Nieuws.

“Mais c’était très dur“, prolonge-t-il. “Je me souviens encore, ce 4 octobre, comment j’étais en train de pleurer derrière la porte du vestiaire juste avant de faire mon briefing. J’ai dû m’armer de courage pour le faire. Je me disais: ‘Bon sang, pourquoi ce n’est pas moi qui ai cette tumeur à sa place?  Cinq jours plus tard, après le match face aux Antwerp Giants, quelque chose s’est cassé en moi. Sidy venait de subir sa première cure de chimiothérapie et j’étais resté avec lui toute la nuit à l’hôpital. J’étais complètement vidé quand j’ai commencé cette rencontre. Je voyais sans cesse cette image de mon fils en train de vomir. Alors, je me suis dit : ‘Comment pourrais-je m’énerver pour un joueur qui se trouve trop loin de son homme alors que mon fils est atteint d’un cancer?’. Ce n’était pas logique“.

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Pascal Angillis © Photonews

“La seule décision que s’imposait”

Tiraillé entre sa conscience professionnelle et le sens du devoir vis-à-vis de sa famille meurtrie, l’entraîneur de Charleroi a fini par mettre sa carrière entre parenthèses. “C’était le seul choix qui s’imposait. C’était naturel. C’est tout simplement mon devoir de père d’être présent pour mon enfant malade mais aussi pour soutenir ma femme et mes quatre autres enfants. Si je devais ne pas soutenir Sidy dans les moments les plus pénibles, je ne me le pardonnerais jamais”.

Des circonstances dramatiques qui rappellent quelque part que le sport est finalement très relatif par rapport à la malade qui vous frappe de plein fouet. « J’ai retenu la leçon. Je réfléchirai à deux fois avant de dire à mes enfants : ‘Non, papa n’a pas le temps. Papa est en train de préparer un match. Papa doit encore un peu travailler’. (…) Mon papa est mort à l’âge de 55 ans. Il a travaillé pour ainsi dire jusqu’à ce qu’il tombe par terre. Car personne ne pouvait dire qu’il n’était pas un travailleur acharné. Avec ce que l’on vit avec Sidy, je prends conscience que l’on peut beaucoup travailler mais aussi prendre le temps pour s’occuper de ceux qui vous sont chers ».

“Beaucoup de chance qu’il guérisse”

Et comment se porte Sidy? Le petit garçon de 8 ans, qui devra donc faire plusieurs cures de chimiothérapies les prochaines semaines, fait preuve d’un courage admirable. “Les médecins nous ont qu’ils avaient beaucoup d’expérience avec ce type de cancer et qu’il y avait beaucoup de chance qu’il guérisse, même si la tumeur est très agressive. Il n’y a pas de métastases, ce qui est très positif. Entre les cures de chimio, il peut récupérer à la maison. Dans onze semaines, on saura comment il réagit au traitement. Nous sommes plein d’espoir”, prolonge Angillis.

Le coach-assistant Sam Rotsaert assumera, ad intérim durant cette absence, le rôle de coach principal, assisté d’Oscar Lata, précise également le communiqué de Charleroi. “Dès que Pascal le pourra, il reprendra bien évidemment sa place de coach avec ses deux assistants.”

L’équipe carolo a fort mal entamé la compétition où elle n’a pas remporté un seul de ses quatre premiers matches, et vient encore de sèchement s’incliner au Dôme, 76-100, face à l’Antwerp.

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