Trois ex-candidates de “Top Women” dénoncent: “Elles sont endoctrinées comme dans une secte”

Cindy, Nadine et Karine, trois anciennes candidates de l’édition 2020 du concours “Top Women”, dénoncent le fonctionnement du concours. Selon elles, celui-ci servirait seulement aux organisateurs à se faire de l’argent sur le dos des femmes fragiles et à dorer l’image de Nathalie De Reuck. Cette dernière s’en défend.

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Illustration. © Getty Images

Le concours “Top Women”, lancé par l’ex-mannequin et journaliste, Nathalie De Reuck, met en avant les physiques des “femmes du quotidien”. Un concours à mille lieues des classiques Miss Belgique et des autres compétitions de beauté, donc. Du moins, c’est ce que certaines croyaient avant d’y participer.

Cindy, Nadine et Karine sont trois anciennes candidates de Top Women, toutes écartées du concours avant la finale. Si elles se disent déçues par le concours, elles se défendent de le critiquer parce qu’elles ont été éliminées ou qu’elles l’ont quitté avant la fin. Pour elles, le concours est une question de sous et un moyen pour l’organisatrice de se faire bien voir.

“Les grandes gueules comme nous sont mises de côté”

Toutes soupçonnent les organisateurs de jouer sur la fragilité des candidates, sur leurs peurs, leurs insécurités. “Malgré moi, je suis tombée dans le piège”, s’étonne Cindy. “Ils ont besoin de personnes faibles qui ont besoin de ça pour se sentir mieux, pour exister. C’est peut-être un peu fort, mais je n’hésite pas à le dire : elles sont endoctrinées comme dans une secte”. Des mots durs que rejoignent ses deux amies rencontrées lors du concours. “Il leur faut des moutons, pas des grandes gueules. Les grandes gueules comme nous sont mises de côté”, ajoute Karine, qui pense avoir été éliminée, comme ses collègues, non pas parce qu’elle n’avait pas eu assez de voix, mais parce qu’elle parlait trop.

Contactée par nos soins, Nathalie De Reuck clame que rien de cela n’est vrai. “Nous valorisons le respect des autres. Et certaines n’ont aucun respect, justement. Certaines ont réussi à faire pleurer d’autres candidates. Je suis pour toutes les critiques, mais seulement si elles sont constructives”, explique Nathalie.

Où va l’argent du sponsoring ?

Lors du concours, elles se sont posé beaucoup de questions. Notamment concernant le sponsoring. En effet, chaque candidate, pour poursuivre le concours et participer aux ateliers, doit avoir un certain nombre de sponsors. Elles ne se sont pas opposées à cela, mais se sont vite demandé à quoi servait cet argent. “On pensait que c’était pour payer les maquilleurs et les coiffeurs. Mais je me suis rendu compte que non. Je porte une prothèse capillaire et j’en ai parlé avec ma coiffeuse qui m’a dit que les coiffeurs étaient des élèves de Maria Goretti bénévoles”, se rappelle Nadine.

D’après les trois amies, les conditions lors des ateliers et de la demi-finale étaient à mille lieues du rêve de princesse. Le podium n’en serait pas un, il n’y aurait pas d’eau ou de quoi manger. Nadine s’étonne, de plus, du prix des places pour assister au concours : “Les places sont à 40 ou 25 €, selon le rang. Et on doit payer en cash. Ça sent la magouille.”

Nathalie De Reuck défend son concours. “Ce que ces candidates oublient, c’est qu’organiser un concours implique indéniablement des coûts. On doit payer les décors, la location des salles, les livraisons, les produits de coiffure et de maquillage, ainsi que le personnel logistique”. Concernant les places, elle nous a expliqué qu’elle favorisait en effet le paiement en liquide, pour une question de facilité, selon elle, mais qu’elle n’interdisait en rien le paiement par carte.

“Jusqu’à l’année passée, je remboursais les sponsors des candidates qui participaient au moins à la demi-finale. J’offrais également le spa et des ateliers détentes aux candidates. Mais j’ai rapidement été en faillite. Cette année, j’ai donc dû annuler cela. Pas pour gagner de l’argent, mais pour pouvoir payer dignement les personnes que j’emploie”, ajoute l’organisatrice.

Compétition reportée

La finale de Top Women devait avoir lieu début mai. Pandémie de coronavirus et flou concernant l’avenir et la fin du confinement oblige, le concours est chamboulé. Les ateliers sont bien entendus suspendus pour l’instant et la finale est reportée.

“Nous en avons beaucoup parlé et il n’était pas question d’annuler la finale. Ça n’avait pas de sens. Nous avons donc décidé de reporter la compétition. On attend la fin du confinement pour nous décider sur une date et pour l’annoncer aux candidates. En tout cas, plusieurs dates sont déjà envisagées”, conclut Nathalie De Reuck.

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