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Jean-Gabriel Matterne, jeudi, à Mons © belga

Abandonnée calcinée dans un fossé, elle est identifiée grâce à ses prothèses mammaires

assisesLe procès de Jean-Gabriel Matterne, 49 ans, a débuté lundi matin devant la cour d'assises du Hainaut, à Mons. L'architecte montois, qui vit à Genappe, est accusé d'avoir assassiné sa maîtresse, Tay Cruz, dix ans plus jeune que lui, le 8 mai 2017 à Brunehaut, près de Tournai. Cette Brésilienne, active dans la prostitution, était enceinte de ses oeuvres depuis quatre mois. Le procès est prévu pour une semaine. L'accusé est détenu depuis les faits.

Le 8 mai 2017, un garde-chasse de la commune frontalière de Brunehaut, près de Tournai, découvrait un corps calciné dans un fossé en forêt. Le feu avait été bouté sur place.

Identifiée par un numéro de série
Le numéro de série des prothèses mammaires de la victime a permis de l'identifier lors de l'autopsie. Il s'agissait de Tayrink Ludmilla Cruz, née le 30 octobre 1980 au Brésil. Cette jeune femme était en séjour illégal mais elle occupait un appartement situé le long de la rue Winston Churchill à Uccle, dont le loyer était payé par Jean-Gabriel Matterne, son amant, architecte d'intérieur dans le Brabant wallon.

Double vie
Lors de l'autopsie, les médecins légistes ont constaté que Tay était enceinte de quatre mois. Selon ses proches, Jean-Gabriel Matterne aurait souhaité qu'elle avorte car il menait une double vie et ne souhaitait pas redevenir père. L'accusé est en effet marié et père de trois enfants.

Étranglée avec un câble électrique
Lors de l'enquête, il a déclaré qu'il avait drogué la jeune femme avec des somnifères avant de l'emmener en voiture. Il s'est arrêté près de la frontière française et l'a étranglée dans la voiture avec un câble électrique. Il a ensuite déposé le corps dans un fossé et a bouté le feu après l'avoir aspergé d'essence. Le crime a eu lieu quelques heures avant la découverte du corps.

"Meilleures chances" en France
Jean-Gabriel Matterne a voulu se débarrasser du corps de la jeune femme en France, a déclaré lundi matin l'avocat général dans son acte d'accusation. "Il a roulé en direction de la France, sans destination précise et sans encoder d'adresse dans son GPS, en se disant qu'il valait mieux qu'il se débarrasse du corps en France, où les chances d'identification seraient quasi nulles, la victime y étant inconnue outre sa situation de séjour illégal, qui compliquerait encore les recherches. Il précise qu'il avait délibérément laissé son GSM chez lui. Sans qu'il s'en rende compte, il a à nouveau franchi la frontière belge en circulant sur des petits chemins de campagne."

Prothèses enregistrées au Brésil
Mais la victime, retrouvée du côté belge de la frontière, a pu être identifiée à partir du numéro de série de ses prothèses mammaires, enregistrées dans la banque de données d'une société au Brésil.

Véhicule filmé
La voiture de l'accusé a été filmée à deux reprises par les caméras d'un magasin de Bléharies, le jour des faits, le 8 mai 2017, avant et après l'incendie du corps.

"Prêt à assumer"
Longuement interrogé lundi matin, Jean-Gabriel Matterne prétend qu'il était prêt à assumer l'enfant qu'attendait Tay Cruz mais que les choses ont dégénéré en avril quand il a découvert qu'elle entretenait encore des relations avec d'autres individus dans le cadre de son activité de prostitution.

Contraceptifs
L'accusé rencontrait plusieurs femmes pour des relations sexuelles tarifées et a fait connaissance avec la victime en 2016. Il la voyait plusieurs fois par semaine. Pour la première fois, il a prétendu qu'il pensait que Tay prenait la pilule car il était allé lui-même les chercher à la pharmacie. Il a expliqué qu'il n'utilisait pas de préservatif car elle le lui avait demandé.

Famille ou travail
Après les fêtes de fin d'année, où l'accusé est resté en famille, il a reçu un SMS de Tay qui l'informait qu'elle était enceinte de ses oeuvres. Elle a alors essayé de régulariser sa situation administrative par le biais d'un avocat. "Elle m'a dit qu'elle devait soit se marier, soit trouver un travail, soit avoir un enfant", raconte l'accusé.

Assumer mais pas reconnaître
Ce dernier prétend qu'il avait décidé d'assumer cet enfant, "à l'exception que je ne voulais pas le reconnaître car j'ai déjà deux autres enfants". Il ajoute qu'il avait peur que sa compagne l'apprenne car elle ignorait tout de sa double vie.

"L'homme de sa vie"
Dans son carnet intime, Tay a écrit qu'elle était heureuse de cette naissance prochaine, fruit de l'homme de sa vie, présent à chaque échographie. C'était en février.

Tombé de haut
Les choses ont commencé à se gâter en mars. "Elle est revenue à la charge avec la reconnaissance du bébé, elle trouvait anormal que mes filles aient tout et que le bébé n'ait rien". Le couple a continué à se voir, "mais en avril, je suis tombé de haut car j'ai découvert qu'elle continuait son activité de prostitution".

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