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Didier Reynders. © belga

Affaire Khashoggi: Reynders va plaider pour un embargo européen sur les ventes d'armes

Il a été convenu mercredi au sein du comité de concertation que le ministre fédéral des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) plaiderait au niveau européen pour un embargo sur les ventes d'armes à l'Arabie saoudite, a rapporté le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) devant le parlement flamand.

Lors des discussions budgétaires au parlement flamand, les partis d'opposition sp.a et Groen ont rappelé leur demande d'un embargo formel de la Flandre sur les ventes d'armes à l'Arabie saoudite. Au sein de la coalition, le CD&V plaide aussi pour une nouvelle évaluation de la situation.

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois continue à soutenir qu'un embargo de la seule Flandre serait "contre-productif", tandis que, dans les faits, la région ne vend pas directement d'armes à l'Arabie saoudite depuis des années.

En octobre, M. Bourgeois avait promis de mettre ce point à l'agenda du comité de concertation, l'organe où sont discutés les sujets qui concernent les différents niveaux de pouvoir, dans le but d'aboutir à une position commune de toutes les entités du pays.

D'après le nationaliste flamand, le comité de concertation s'est penché sur la question ce mercredi, à la demande de la Flandre. Il a été convenu que le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders plaiderait pour un embargo à l'échelle de l'ensemble de l'Union européenne. "Cela prouve que la Flandre joue un rôle actif dans ce dossier", a ajouté Geert Bourgeois.

Pas question pour la France et le Royaume-Uni
Une annonce qui n'a pas convaincu l'opposition. Par la voix de la députée Tine Soens, le sp.a a exprimé ses doutes sur la faisabilité d'un embargo européen et a enjoint le gouvernement flamand d'agir à son niveau sans attendre.

La Belgique figure en 6e place de la liste des pays de l'Union européenne ayant exporté le plus d'armes vers l'Arabie saoudite en 2017. L'assassinat du journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi le 2 octobre à l'intérieur du consulat saoudien à Istanbul (Turquie) a relancé les demandes d'un embargo européen, que réclame le parlement européen de longue date. Mais des pays comme la France ou le Royaume Uni s'y opposent.