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Belinda Donnay © belga

Belinda Donnay et Alexandre Hart auraient agressé un autre jeune

calvaire de ValentinLe 19 septembre 2018, Alexandre Hart a été entendu par la juge d'instruction, à sa demande, a-t-elle exposé lundi après-midi devant la cour d'assises de Liège. De nouveaux éléments sont ressortis lors de cet interrogatoire récapitulatif. L'un des cinq accusés au procès de l'assassinat de Valentin Vermeesch, commis en 2017, avait notamment expliqué que les menottes utilisées pour attacher Valentin avaient déjà été employées auparavant, en 2016.

Dans cet interrogatoire, Alexandre avait prétendu que les menottes utilisées le soir des faits pour nouer les mains de Valentin dans le dos avaient déjà été employées avec un certain Romain. Les enquêteurs ont identifié cette victime, qu'ils ont rencontrée en novembre dernier. Ce Romain a expliqué qu'il avait rencontré Belinda Donnay lors d'une formation, qu'il décrit comme une "fille gentille, complexée par son corps et un peu spéciale". Il connaissait également Alexandre, un garçon "renfermé, qui ne parlait pas beaucoup. Il me faisait peur mais comme il était gentil, je pensais que je ne craignais rien", expose-t-il aux enquêteurs.

"Bizutage"
Romain considérait Belinda comme son amie jusqu'à une soirée pour fêter ses 18 ans, en mai 2016. Invité au domicile de la mère de Belinda, une petite soirée s'était organisée. Au départ, elle s'était bien déroulée mais elle aurait ensuite dégénéré. Romain aurait été forcé à boire de l'alcool fort, à manger une fricadelle pleine de tabac. Romain explique s'être plié aux exigences car il "voulait se faire accepter par les autres". A un moment donné, Belinda est partie chercher les menottes de sa mère, qui est policière. Alexandre Hart et Belinda Donnay auraient alors attaché Romain les mains dans le dos à un radiateur. Toutes sortes d'aliments auraient été jetés à sa figure. Il explique qu'il se sentait impuissant. Belinda lui aurait qu'il était normal de se faire "bizuter" vu qu'il venait d'avoir 18 ans.

Couteau
Il a vraiment eu peur plus tard dans la soirée, lorsqu'Alexandre aurait sorti un couteau à cran d'arrêt pour le menacer. Ce dernier lui aurait dit qu'il avait de "la chance qu'on t'aime bien sinon tu aurais déjà été enterré dans le jardin".

"Pourritures"
A la suite de ces déclarations, un dossier a été ouvert pour de possibles faits de séquestration avec des traitements dégradants. Belinda a été entendue à ce propos et a nié que cela s'était produit. Alexandre était lui confus par rapport aux faits, ce qu'il explique par son traitement médicamenteux. Certains jeunes ont été témoins des faits et ont été entendus par la police. Ils ont confirmé la version de Romain. Une jeune femme présente dira d'emblée aux enquêteurs, qui lui demandent si elle connaît Belinda Donnay, qu'elle avait été "une fois chez elle" et que cela lui aurait suffit. Elle a qualifié Belinda et Alexandre de "pourritures".

Suivi psychologique
Romain explique qu'il n'a jamais parlé de cette agression, à part à ses grands-parents. Il voulait oublier et a entamé un suivi psychologique depuis son audition, ayant fait le rapprochement avec le calvaire enduré par Valentin.

"Je ne sais pas d'où cette histoire sort"
Interrogée par la cour, Belinda a nié les faits. "Je ne sais pas d'où cette histoire sort, deux ans après mon incarcération." Elle a précisé avoir demandé une confrontation avec Romain.

Alexandre Hart, Dorian Daniels, Belinda Donnay, Loick Masson et Killian Wilmet, cinq Hutois, sont accusés d'assassinat, torture, traitement inhumain, viol, attentat à la pudeur, séquestration et menaces de mort, coups et blessures, commis sur Valentin Vermeesch dans la nuit du 26 au 27 mars 2017.