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Bicky Burger et sa pub polémique. © DR

“Bicky Burger a touché... et coulé”: la société s’excuse enfin pour sa pub sexiste

La société néerlandaise qui détient la marque Bicky Burger a enfin fait marche arrière ce mercredi après-midi dans un communiqué de presse. La compagnie présente ses excuses à toutes les personnes que sa publicité a pu choquer, après avoir décidé d’ôter la publicité de ses réseaux sociaux hier.

“Nous regrettons que notre publication ait laissé croire que nous voulons promouvoir la violence domestique. Bien que cela n’était pas notre objectif, nous remarquons que le sujet fait désormais l’objet d'un débat dans les médias”, a commenté Goodlife Foods. 

Patte blanche?

La publication sur Facebook faisait partie d’une campagne plus large sur les réseaux sociaux contre les “Fake Bicky”, qui ne sera pas interrompue. Goodlife Foods explique par ailleurs avoir pris contact avec plusieurs organisations, notamment l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, afin de soutenir leur travail.

Le Jury d’éthique publicitaire (JEP) a de son côté indiqué avoir reçu plusieurs centaines de plaintes mais n’est pas compétent pour juger la campagne de la société néerlandaise. Le dossier sera donc transmis à l’organe d’autodiscipline de la publicité aux Pays-Bas.

500 plaintes au JEP

La publicité mettant en scène un homme frappant une femme pour un “faux Bicky” a suscité une vague d’indignation mardi, notamment sur les réseaux sociaux où de nombreux internautes se tournaient vers les JEP belge. 

L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes tente de déterminer si la loi Genre peut s’appliquer à cette publicité polémique de Bicky Burger. Cette loi prévoit de sanctionner l’incitation à la violence envers les femmes, entre autres, indique mercredi la nouvelle ministre en charge de l’Égalité des chances, Nathalie Muylle (CD&V). Elle-même trouve la campagne publicitaire “scandaleuse et irresponsable”, fait-elle savoir. Bart Somers, ministre flamand de l'Égalité des chances, a également décidé de déposer plainte au JEP. Il estime que la marque “banalise” la violence faite aux femmes.

Depuis mardi, l’image fait le “bad buzz” sur les réseaux sociaux et dans les médias, provoquant réactions outrées et appels aux excuses de l’entreprise. Elle a entre-temps - tardivement - été retirée des canaux de communication de Bicky mais a sans doute atteint en partie son but: faire parler de la marque. 

“La souffrance des gens est utilisée à des fins publicitaires”

La secrétaire d’État bruxelloise en charge de l’Égalité des chances, Nawal Ben Hamou (PS), avait déjà annoncé mardi soir qu’elle allait déposer plainte auprès du Jury d’éthique publicitaire, tout comme la ministre wallonne Christie Morreale (PS). 

La ministre elle-même juge sévèrement la campagne. “La souffrance des gens y est utilisée à des fins commerciales. On banalise ainsi la violence entre partenaires, alors qu’il s’agit encore d’une problématique très vivace en Belgique”, indique-t-elle. Environ 120 personnes portent plainte, chaque jour, pour violences conjugales, qu’elles soient physiques ou psychiques.

La ministre porte en tout cas attention à cette problématique. “Mes services travaillent actuellement aux préparations d’un nouveau plan d’action, qui permettra je l’espère au prochain gouvernement de s’y attaquer rapidement”, indique-t-elle. 

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