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Une "action de non-violence active" face au chantier de la prison de Haren © belga

Blocage du chantier de la prison de Haren, 80 activistes arrêtés

VideoEnviron 90 personnes bloquent, depuis ce lundi matin à 06h00, le chantier de la maxi-prison de Haren, ont indiqué les participants à l'action. Les ouvriers n'ont pas pu commencer à travailler. Au total, la police, qui a procédé aux premières arrestations sur un des points de blocages peu avant 08h00, a arrêté 80 activistes, a précisé vers 11h45 Ilse Van de keere, la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles en fin d'opération.

Cinq points de blocage ont été mis en place, aux entrées du chantier. Les activistes sont reliés entre eux par des tubes et attachés aux grilles ainsi qu'à des dispositifs en béton au sol. Différentes banderoles ont été déployées, affichant notamment le message "Stop maxi-prison de Haren now". Une fanfare est aussi prévue.

Selon les activistes, aucune altercation avec les ouvriers n'a eu lieu. La police était rapidement sur les lieux, mais elle est repartie pour revenir vers 07h15.

"Une action de non violence active"
"C'est une action de non violence active", explique l'un des participants. "Il est temps d'arrêter de détruire la démocratie, les gens et la nature. La méga-prison est un symbole de cette destruction. Passons à autre chose."

Les activistes exigent l'arrêt immédiat des travaux. Ils estiment qu'une augmentation du nombre de places dans la prison entraîne simplement une hausse du nombre d'incarcérations et ne résout en rien la surpopulation carcérale et la récidive.

L'action "Stop Maxi-Prison Now!" prône la fin du système carcéral et déplore les coupes de subsides dans la justice et les alternatives à l'emprisonnement.

"Que reste-t-il à part nos corps?"
Les travaux ont débuté fin janvier. La première auditrice du Conseil d'État a dernièrement rendu un avis favorable à l'annulation des permis d'urbanisme et d'environnement. Les participants dénoncent l'empressement des constructeurs à bétonner le terrain du Keelbeek en réaction, afin de devancer la décision finale du Conseil d'État. Il s'agit pour eux d'un déni de la démocratie et d'un passage en force. "Si même la justice n'arrête pas de tels projets non démocratiques, que reste-t-il à part nos corps?".

Ils déplorent encore l'atteinte à plus de 19 hectares de terres arables et à sa biodiversité alors que l'urgence climatique est au centre des préoccupations.