Comme c'est le cas à Londres, faudra-t-il bientôt payer pour rouler à Bruxelles?
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Comme c'est le cas à Londres, faudra-t-il bientôt payer pour rouler à Bruxelles? © EPA

Bruxelles décidée à instaurer un péage urbain?

Mise à jourFace à la lenteur des discussions interrégionales, la Région bruxelloise ne veut plus attendre pour régler l’épineux problème de la congestion automobile. Comme l’indique Le Soir, le gouvernement bruxellois semble bel et bien se diriger vers un péage urbain, rebaptisé “tarif congestion”, afin de désengorger les rues de la capitale. Le projet a créé de sacrés remous au sein de la classe politique. Le PS a posé de strictes conditions. Dans l’opposition, aussi bien le MR que le PTB ont condamné le dispositif envisagé. La ministre régionale en charge de la Mobilité, Elke Van den Brandt, n’a pas souhaité réagir tandis qu’au groupe écologiste du parlement bruxellois, l’on expliquait que les cabinets ministériels travaillaient sur le sujet.

En termes de mobilité, le nouvel exécutif bruxellois (PS, Ecolo, DéFI, Groen, Open Vld et one.brussels-sp.a) s’est fixé comme objectif de limiter à 25 % le nombre de trajets effectués en voiture dans la capitale et à réduire de moitié les navettes effectuées seul dans sa voiture, le tout à l’horizon 2030.

Quels tarifs?

Pour (espérer) y arriver, le gouvernement Vervoort III envisage très sérieusement l’instauration d’un péage urbain. Un système qui a fait ses preuves dans plusieurs métropoles européennes telles que Londres, Milan ou encore Stockholm. Concrètement, il faudra donc payer pour rouler à Bruxelles, plus ou moins selon l’heure à laquelle on circule. Comme le rapporte Le Soir, certains plaident pour calquer ce “tarif congestion” sur le prix d’un ticket de la Stib (2,1 euros), d’autres militent pour un tarif oscillant entre 1 et 3 euros le trajet selon la congestion.

Et les Bruxellois?

Quid des résidents bruxellois? Ceux-ci devront également payer pour rouler dans leur ville, mais les autorités régionales réfléchissent à une diminution ou une exonération de la taxe de circulation, voire une réduction de l’IPP, en guise de compensation. Cela étant, l’Europe pourrait y mettre son grain de sel pour pratique discriminatoire, souligne le quotidien. 

Le MR dénonce une nouvelle “taxe”

Dans l’opposition en Région bruxelloise, le MR ne semble pas emballé, loin s’en faut, par ce projet de péage urbain, qu'il considère comme une nouvelle taxe pour les classes populaires et moyennes.

“Classes moyennes et populaires, preparez-vous à payer encore plus. Heureusement, il y a les transports publics dont l’offre et la vitesse commerciale se sont fortement améliorées. Ah non. Wait.”, a réagi ironiquement David Leisterh, le nouveau président du MR bruxellois.

Bouchez: “Ce gouvernement bruxellois vit dans les années 90"

Même son de cloche chez le président du même parti, Georges-Louis Bouchez. “Cette nouvelle taxe sur la congestion est une véritable taxe kilométrique. Ce #brugov vit dans les années 90 et applique toujours les mêmes mesures inefficaces et injustes envers les classes populaires et moyennes: des taxes! Travaillons à une mobilité efficace”, appelle le Montois sur Twitter.

On reste prudent chez les Verts

Du côté écologiste, la prudence est de mise. “Les cabinets travaillent. Il faut trouver des solutions efficaces, techniquement faisables et juridiquement praticables”, a expliqué le chef de groupe Ecolo-Groen au parlement bruxellois, John Pitseys.

Le gouvernement veut passer d’une fiscalité basée sur la possession de la voiture à une fiscalité basée sur l’usage, expliquait-on chez les Verts, pour des raisons tant de mobilité que de santé publique. Les quartiers centraux de la ville, où se concentre la population la plus précarisée, sont fortement soumis à la pollution des moteurs. Des mesures sociales accompagneront cette transition.

En coulisses, l’on indiquait que Bruxelles Mobilité, Bruxelles Environnement et Bruxelles Fiscalité avaient commandé des études sur la question. Un projet pourrait être soumis dans le cadre des prochains travaux budgétaires.

Au PS, on insiste sur la négociation avec les autres Régions

Les socialistes bruxellois insistent sur la nécessité d’un “paquet global”, incluant la gratuité de la STIB pour les moins de 25 ans et plus de 65 ans, la suppression de la taxe de mise en circulation et la modulation de la taxe de circulation en fonction des performances environnementales et des revenus du propriétaire, explique le chef de groupe Ridouane Chahid. Pour ce qui est de la taxe congestion, le chef de groupe rappelle l’accord de gouvernement: une taxation kilométrique doit être négociée avec les autres Régions.

Investissons plutôt dans les transports en commun, insiste le PTB 

“Encore une mesure qui fait payer les travailleurs”, a affirmé la cheffe de groupe PTB, Françoise De Smedt.

Les communistes jugent cette mesure peu efficace pour diminuer la congestion automobile et appellent à investir plutôt dans la STIB et la SNCB.

Une cacophonie pour le cdH

Le cdH a dénoncé la cacophonie au sein du gouvernement. “Bruxelles mérite un gouvernement qui gouverne, pas qui communique puis se déchire, une fois plus, sur une des mesures-phares de son accord, sans rien décider”, a lancé le député Christophe De Beukelaer.