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La tension est palpable entre Sven Gatz, nouveau ministre bruxellois, et sa présidente de parti Gwendolyn Rutten. © Belga

Ça chauffe à l’Open VLD: le cavalier seul de Sven Gatz ne passe pas

La tension est clairement palpable entre la direction nationale de l’Open VLD et sa section bruxelloise, laquelle vient de forcer son entrée dans le nouveau gouvernement (de gauche) bruxellois, sans le MR. Ce qui a moyennement plu à la présidente des libéraux flamands Gwendolyn Rutten, très proche de Charles Michel.

Sur la ligne d’arrivée, le MR a tenté le tout pour le tout pour entrer dans l'attelage bruxellois, fort de sa position de parti désormais incontournable en Wallonie. Exclus des négociations dans la capitale, les libéraux francophones ont donc fait appel à leur parti frère, le VLD, pour les inviter in extremis à la table des négociations. La présidente de l’Open VLD, que l’on sait très proche de Charles Michel, a entendu la requête de son allié francophone et s’est donc rendue en personne auprès des négociateurs bruxellois pour faire pencher la balance. 

Le MR reste à quai, contre la volonté de la présidente Rutten

Sans succès, la libérale s’est vue opposer une fin de non-recevoir de la part des socialistes, des écologistes et de DéFI. Pis, Gwendolyn Rutten a même été “trahie” par ses propres ouailles, Sven Gatz en tête, qui ont finalement accepté de boucler les négociations sans le MR. Nouveau ministre bruxellois des Finances et du Budget, Sven Gatz a dans la foulée perdu ses portefeuilles flamands de la Culture, des Médias et de la Jeunesse, tous confiés à sa collègue Lydia Peeters. Le natif de Berchem-Sainte-Agathe conserve néanmoins le poste de ministre flamand des Affaires bruxelloises, puisque celui-ci doit revenir à un Flamand de Bruxelles. Mais il n'est plus rémunéré pour ce poste, indique le parti. Officiellement, l’Open VLD ne parle pas de “vengeance”, mais des tensions avec son aile bruxelloise existent bel et bien, comme l’a lui-même avoué Gatz sur la VRT ce jeudi.

“Il y a clairement des tensions entre les instances nationales de l’Open Vld et sa composante bruxelloise”, a admis le nouveau ministre bruxellois. Ce dernier assure que l’accord du nouveau gouvernement contient bien des accents libéraux, contrairement à ce qu’affirment certains détracteurs. Il ajoute qu’à cinq reprises, il a été demandé à pouvoir négocier avec le MR autour de la table, comme le demandait la présidente des libéraux flamands Gwendolyn Rutten. Mais à un certain moment, quand vous êtes négociateur, il faut pouvoir continuer la négociation, a précisé Gatz. “Sinon, on vous regarde de travers”, a-t-il dit.

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Sven Gatz prête serment devant le parlement bruxellois. © BELGA

Un gouvernement trop à gauche, estime la direction de l’Open VLD

Mais la direction du parti estime que ce gouvernement bruxellois est bien trop à gauche. Notamment en ce qui concerne la 5G, dont l’accord de gouvernement n’offre aucune garantie quant à son déploiement dans la capitale. Ou encore les mesures annoncées pour le logement et les nuisances liées aux avions. Enfin, la Région compte envoyer la facture de l’accueil des migrants et transmigrants au fédéral. Pas question, a déjà répondu la ministre fédérale en charge de cette compétence, Maggie De Block (Open VLD).

Ce clash entre la direction et sa composante bruxelloise a semble-t-il blessé les libéraux dans leur chair. D’aucuns évoquent d’ailleurs une scission avec l’Open VLD bruxellois. Sven Gatz, lui, veut calmer le jeu. “Tout ira bien à la fin”, assure-t-il. “Je fais de la politique depuis assez longtemps pour savoir que tout ce tapage est très relatif.

Francesco Vanderjeugd, jeune bourgmestre libéral de Staden et député flamand, prend la défense de Sven Gatz. Selon lui, il faut en finir avec les “diktats” de la direction du parti. Le jeune trentenaire explique par ailleurs qu’une cure d’opposition, que ce soit au fédéral ou à la Région flamande, ne ferait sans doute pas de tort au VLD.

“Avec nos résultats électoraux, nous ne pouvons pas passer à l’ordre du jour. Je ne dis pas que l’opposition est le seul moyen pour rebondir, mais ça doit rester une option”, estime Francesco Vanderjeugd.

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Francesco Vanderjeugd et Gwendolyn Rutten. © BELGA

Plus question d’imaginer une aventure violette-verte aux autres niveaux de pouvoir

Les déclarations de Vanderjeugd ont fait sourciller certains ténors du parti. “Ce n’est pas vrai d’affirmer que l’opposition est un tabou au sein du VLD. Mais à cause de Sven Gatz, il est maintenant clair que la direction du parti ne participera pas  à une aventure violette-verte (les libéraux avec les socialistes et les écologistes, NDLR) aux autres niveaux de pouvoir et favoriseront l’opposition. Mais que veut vraiment Francesco? Que nous ne parlions à personne dès le premier jour? Qu’est-ce que cela veut dire? Il fait juste campagne”, soutient un bleu flamand à HLN.

Francesco Vanderjeugd plaide également pour avancer les élections présidentielles du parti, programmées au mois de mars prochain. Afin, selon lui, d’avoir un(e) président(e) fort(e) pour les futures négociations. Des déclarations qui n’ont pas vraiment plu aux ténors du parti, c'est peu de l’écrire. Ambiance...

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La nouvelle équipe bruxelloise au grand complet avec de gauche à droite: Bernard Clerfayt (DéFI), Nawal Ben Hamou (PS), Elke Van den Brandt (Groen) , Rudi Vervoort (PS), Alain Maron (Ecolo), Pascal Smet (sp.a), Barbara Trachte (Ecolo) et Sven Gatz (Open VLD). © BELGA
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Sven Gatz et son mentor Guy Vanhengel. © BELGA