Koen Geens et Joachim Coens (CD&V)
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Koen Geens et Joachim Coens (CD&V)

Ça chauffe au sein du CD&V: Koen Geens recadré, Coens mécontent

Ça chauffe dans les hautes sphères du CD&V. La mission confiée à Koen Geens, que d’aucuns qualifient de celle de “la dernière chance”, a provoqué des tensions au sein des chrétiens-démocrates flamands. En cause: le cavalier seul du vice-Premier Ministre, qui aurait accepté la demande du Roi sans consulter son parti. Selon De Standaard, il aurait été recadré dimanche: pas question d’une Vivaldi (formule sans la N-VA). 

En nommant Koen Geens, et non Bart De Wever, qui était déjà dans les starting-blocks pour se rendre au palais, le Roi a posé un choix inattendu, surtout pour le CD&V, qui ne s’attendait pas du tout à se retrouver dans une telle posture. Au sein du parti flamand, c’est surtout l’attitude de Koen Geens lui-même qui a fâché les ténors du parti. En cause: il aurait accepté la mission sans consulter grand monde au sein de sa formation politique. Joachim Coens, le président, aurait été averti par “un coup de fil à la dernière minute”. Ce qui a provoqué du rififi à l’intérieur du parti.

Un gouvernement PS-N-VA ou rien

Dimanche, les ténors du CD&V se sont réunis pour évoquer les derniers rebondissements et la nomination de Koen Geens. Selon les informations du Standaard, les esprits se sont échauffés. Joachim Coens a expliqué qu’il n’avait pas apprécié que Geens accepte la mission sans concerter son parti, ce qui était en porte-à-faux avec la stratégie du CD&V. Les plus hautes instances du parti lui ont d’ailleurs signifié qu’il devait privilégier à tout prix une alliance PS-N-VA et qu’il n’est pas question de rouvrir la piste Vivaldi, qui semble pourtant avoir la préférence du MR. C’est d’ailleurs le message qu’a tenu à faire passer Joachim Coens, l’ex-informateur, sur les plateaux de télévision dimanche.

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Le scénario actuel est celui que redoutait le CD&V depuis le début. Le parti flamand, mal en point dans les sondages, se retrouve dans une position très inconfortable puisqu’il est sous les feux des projecteurs et détient la clé de l’avenir du pays. C’est lui qui a la lourde responsabilité de décider si l’on se dirige vers des élections anticipées ou non. Si le CD&V refuse d’abandonner la N-VA, il faudra bel et bien aller revoter. Quoi qu’il en soit, la mission qu’a confié le Roi à Koen Geens est une mission plus large. Il l’a chargé “de prendre les initiatives nécessaires permettant la mise en place d’un gouvernement de plein exercice”.

Bart De Wever: “Un accord avec le PS n’est pas impensable”

Malgré cela, le CD&V semble avoir lié son sort à celui de la N-VA. Ce sera la bourguignonne (PS-N-VA) - baptisée “Andorre” par les informateurs - ou rien. C’est d’ailleurs la piste que Koen Geens continue d’explorer. La situation semble compromise mais pas désespérée toutefois. Ce lundi, dans l’émission Terzake, Bart De Wever a fait preuve de beaucoup de modération et de nuance. Le président de la N-VA a estimé qu’un accord n’était “pas impensable” et qu’il y avait des “points communs avec le PS”.

Bref, on devrait y voir plus clair d’ici quelques jours. Pour rappel, Koen Geens remettra son rapport au Roi le lundi 10 février.

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