Caro est contrainte de vivre dans sa voiture depuis son divorce

Depuis deux semaines, Caro (nom d’emprunt), une dame de 53 ans, vit un véritable enfer, à Flémalle. La femme se retrouve malgré elle à la rue, forcée de vivre dans sa voiture, faute de disponibilités pour un logement social, et faute de moyens.

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Illustration. © Getty Images

En février 2019, Caro (nom d’emprunt) se mariait avec un homme qui était alors son ami et qu’elle pensait être fiable. Mais après trois mois seulement, le couple se sépare. Quand ils étaient encore ensemble, ils vivaient dans un appartement de 700€ par mois, dans la commune de Flémalle. Un loyer que Caro ne pouvait assumer seule, vu son maigre revenu. En effet, depuis 2005, elle est en incapacité de travail. “Un ancien compagnon m’a volontairement roulé sur le pied. Depuis, je ne peux plus travailler. Je vis donc sur la mutuelle. Le problème, c’est que je suis en médiation de dettes, du coup je me retrouve avec plus ou moins 950€ par mois”, raconte-t-elle. Le 30 septembre dernier, après plusieurs mois à payer seule un loyer trop cher, elle a vendu les meubles et s’est résolue à partir, sans toutefois avoir d’alternatives pour se loger.

L'aide se fait rare

Elle a fini par contacter l’ASBL Benoit et Michel, qui vient en aide aux plus démunis. Une ASBL fondée par deux anciens SDF qui savent ce que c’est que de vivre dans la précarité, sans savoir de quoi sera fait le lendemain. Ils ont alors contacté le CPAS, qui a déclaré ne pas avoir de logement social pour la quinquagénaire et qu’elle devrait attendre au moins un an et demi. “On ne peut pas reprocher aux assistants sociaux de ne pas pouvoir aider immédiatement les personnes dans le besoin. Après tout, ils ont des tas de dossiers à traiter, on le sait. Mais c’est tout de même très décourageant pour ces personnes qui se retrouvent à la rue”, explique Benoit Lecocq. De son côté, Caro a contacté plusieurs autorités, du bourgmestre de Seraing au Roi lui-même. Mais aucun n’a donné suite à ses appels à l’aide, ou du moins personne ne pouvait l’aider dans l’immédiat. “Les gens se méfient quand on leur dit qu'on est SDF. Pourtant j’ai toujours été très droite, j’ai toujours tout payé en temps et en heure. Je ne me drogue pas, je n’ai jamais bu et je ne boirai jamais”, s’exclame Caro, dépassée par les préjugés sur les gens dans sa situation.

Les journées de la SDF se suivent et se ressemblent. Chaque jour, elle cherche une solution à court terme pour se loger, chaque jour elle va sonner aux portes pour vivre décemment. “Depuis mon second mariage, j’ai perdu beaucoup d’amis, et c’est encore pire maintenant que je suis à la rue”, regrette Caro, qui est veuve d'un premier mariage. “Personne ne peut m'accueillir. Pour le moment, je vis entre ma voiture et la caravane de mon fils, qui est lui aussi SDF”, ajoute-t-elle. Si elle a gardé contact avec deux amis, ceux-ci ont leurs propres problèmes et ne peuvent aider Caro qu’en lui offrant de quoi se tenir au chaud. Du côté de sa famille, seul son fils avec qui elle partage une caravane lui parle encore. Elle n’a d’ailleurs plus l’occasion de voir ses 16 petits-enfants depuis longtemps.

“Je ne sais pas si je vais pouvoir tenir le coup”

“Je me renferme de plus en plus. J’ai de moins en moins envie de voir du monde. Et je ne veux plus côtoyer que des SDF. Je me suis toujours demandé comment on pouvait se retrouver à la rue, maintenant je comprends, et je ne peux qu’avoir de la peine pour les gens qui y sont depuis plusieurs mois ou plusieurs années. Je ne sais pas si je vais pouvoir tenir le coup encore longtemps. Parfois je me dis que ce serait plus facile si je partais...”, avoue-t-elle.

En attendant, elle garde quand même espoir. Elle espère retrouver un logement, pouvoir refaire sa vie et ensuite aider, à son tour, les personnes dans le besoin. “Je ne veux pas qu'on s'apitoie sur mon sort. Je veux qu’on aide tous les SDF, pas seulement moi”, revendique la dame de 53 ans. Pour aider Caro et d’autres personnes en situation précaire, vous pouvez contacter Benoit et Michel sur Facebook, ainsi que les centaines d’ASBL qui viennent en aide aux démunis à travers le pays. À l’approche de l’hiver, et faute de place dans les centre d’accueil, les conditions sont bien plus difficiles.