Plein écran
Catherine Moureaux et Yassine Belattar. © belga/afp

Catherine Moureaux condamne un sketch de Yassine Belattar: “Il n’a fait preuve ni de talent, ni de subtilité”

Catherine Moureaux, bourgmestre de Molenbeek, condamne ce jeudi un sketch de l’humoriste français Yassine Belattar qui fait depuis plusieurs jours polémique au sein de la commune bruxelloise.

Dans ce sketch dévoilé mardi par la RTBF sur les habitants de Molenbeek originaires du Rif, une région du Maroc, l’humoriste controversé explique: “Et donc, j’ai été à Molenbeek. Je suis très connu à Molenbeek. Je suis un peu le Jay-Z de Molenbeek. Ils m’aiment beaucoup là-bas. Là-bas, ils ont une autre population. Ils ont des femmes voilées. […] Eux, c’est des femmes voilées, tu ne vois rien, que les chaussures. Toute la journée, elles se cognent contre des murs. […] Leurs barbus, c’est pas les nôtres. Ils ont des barbes Dolby Surround, il y a des gens dedans. Et là-bas, ils ont beaucoup de Marocains. […] Mais c’est pas nos Marocains. […] Eux ils ont les Marocains pas funky, du Rif. Vous connaissez le Rif. Le Rif, c’est là-bas qu’ils ont tourné “Conan le Barbare”. Ils ont des épées, ils sont en slip… Les Rifains, ça va pas dans la tête. Le Rifain, il est tellement fou qu’ils avaient jeté des cailloux sur Hassan II. […] Fallait pas s’embrouiller avec Hassan II! C’est Mohamed VI qui leur a remis la lumière. Ils vivaient dans le noir.”

“Nous sommes même dans certains aspects de ce sketch dans le domaine de l’insulte”

Issu de son précédent spectacle, l’extrait, diffusé sur les réseaux sociaux, n’a pas plu à Molenbeek - et notamment à certains de ses élus locaux - mais aussi à la communauté des Rifains. Le site internet “Le Courrier du Rif” a ainsi qualifié Belattar de “crapule qui dénonce le racisme d’Éric Zemmour en France et crache le même racisme contre les Rifains au Maroc”.

Ce jeudi, c’est Catherine Moureaux en personne qui a condamné le sketch dans les colonnes de la DH. Elle se dit “extrêmement choquée par les propos stigmatisants” de l’humoriste. La bourgmestre assure en outre que les Rifains sont “dans son immense majorité bien intégrés dans le tissu associatif local et dans les différents secteurs économiques et en particulier ceux du commerce”.

“Cet humoriste français dans ce sketch n’a fait preuve ni de talent, ni de subtilité. Nous sommes même dans certains aspects de ce sketch dans le domaine de l’insulte”, a encore dit Mme Moureaux. 

Son projet d’incubateur artistique tombe à l’eau

Yassine Belattar avait été invité à venir se produire à Molenbeek après les attentats du 13 novembre à Paris, au moment où la commune était stigmatisée. L’humoriste, qui est aussi conseiller d’Emmanuel Macron, est venu deux fois à Molenbeek: en 2016 et en 2018. Il voulait y implanter un incubateur artistique mais le projet a été mis au frigo en février dernier. “Vu les propos tenus, la commune ne s’engagera pas dans un projet de collaboration avec Monsieur Belattar”, a confirmé Catherine Moureaux ce jeudi. La commune, selon la DH, avait en tout état de cause déjà d’autres projets pour le bâtiment qui devait accueillir l’incubateur. 

Face à la polémique, Belattar a réagi via Instagram (voir ci-dessous): “Coucou les Rifains! Je voulais vous dire je vous aime tous, d’accord? Tous les mythomanes du Rif qui me font passer pour un raciste, je voulais leur proposer d’aller dormir. J’aime le Rif. Toujours!”

“Vous prenez tout mal, wallah. Moi en parlant de cela, je parle des années de plomb (au Maroc). Moi, j’explique ce qui s’est passé dans le Rif, je trouve cela inadmissible. C’est pour cela que j’en parle. C’est ce qu’on appelle un sketch!”, se défend l’humoriste, qui précise avoir reçu quelque 7800 messages d’insultes. 

  1. Indemnités de sortie faramineuses de Nethys: les informations transmises au juge d'instruction
    Mise à jour

    Indemnités de sortie faramineu­ses de Nethys: le juge d'instruc­ti­on averti

    Le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne (PS), a reçu, mercredi soir, les informations relatives aux indemnités octroyées aux anciens membres du comité de direction de Nethys, Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer. Elles ont été transmises dans la foulée au juge d'instruction afin d'être versées au dossier de la procédure judiciaire en cours. Le ministre va proposer, demain au gouvernement wallon de se porter partie civile dans le dossier Enodia-Nethys, a-t-on appris mercredi soir. Selon le journal Le Soir, le total de ces indemnités atteindrait près de 19 millions d’euros, dont 12 millions rien que pour Stéphane Moreau.