Laetitia Vitale, directrice dans les écoles courcelloises du Trieu, de l’Yser et de Souvret Place
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Laetitia Vitale, directrice dans les écoles courcelloises du Trieu, de l’Yser et de Souvret Place © Laetitia Vitale

Cette directrice d’école est “pour” une reprise des cours, mais “ça va être très compliqué à organiser”

InterviewCe vendredi, le Conseil National de Sécurité (CNS) se réunit pour débattre des probables premières mesures de déconfinement. Le gouvernement fédéral devrait faire une annonce officielle dans la foulée. Parmi les pistes de réflexion, il y a une réouverture partielle des écoles à partir du 18 mai prochain en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). En effet, une étude scientifique laisse penser que les enfants de moins de dix ans sont de faibles vecteurs de transmission du coronavirus. Néanmoins, d’autres études affirment le contraire.

“Je suis pour” une reprise des cours. C’est ce que nous a confié la directrice des écoles courcelloises du Trieu, de l’Yser et de Souvret Place, Laetitia Vitale. “Je risque de ne pas bien me faire voir par les professeurs, mais un retour dans les écoles le 18 mai me semble être un délai raisonnable (rires). C’est important pour que les enfants n’aient pas de trop longs congés et ne perdent un certain rythme.”

Adaptation

Cependant, elle se doute bien que tout ne recommencera pas comme avant: “Je pense que le parcours pédagogique ne pourra pas reprendre tout de suite. Il faudra avant tout que les enseignants intègrent les mesures de distanciation sociale ainsi que les gestes barrières et les apprennent aux élèves. Ils devront leur expliquer que tout contact physique avec eux est interdit. Ce n’est pas évident à respecter pour des enfants. Ils bougent partout. Ils touchent à tout. Ils ont besoin de réconfort parfois. Mais je sais que les professeurs se préparent. Chez nous, ils ont déjà prévu des petites leçons ludiques sur ces mesures. Des jeux sont même au programme.”

Conditions

Par contre, elle émet des conditions par rapport à une éventuelle rentrée des classes cette année: “Cela doit se faire dans un cadre sécurisé. Il faut tenir compte des personnes qui ont été hospitalisées. Des moyens de protection sont absolument nécessaires. Il faut des masques, des visières, des produits désinfectants... De ce point de vue-là, nous n’avons pas à nous plaindre à Courcelles. La Commune a déjà fait le nécessaire. Les écoles devront disposer de sanitaires suffisamment spacieux. Ici aussi, ce n’est pas un souci pour nous. Il faudra également qu’un dispositif de sécurité se mette en place lorsque les parents amèneront ou viendront rechercher leurs enfants à l’école. Car il faut se rendre compte que ce sera difficile de leur faire respecter des règles de distance et d’hygiène.”

Difficultés

En plus de cela, il conviendra de faire preuve de conviction à l’égard de certains: “Il y a toute une série de parents qui sont en panique à l’idée de laisser leurs gamins retrouver les bancs scolaires. À mon avis, le taux d’absentéisme risque d’être assez conséquent. Il faudra vraiment que nous soyons soutenus par la Fédération Wallonie-Bruxelles et par les médecins pour rassurer tout le monde.”

Et puis, Laetitia Vitale s’attend à des difficultés d’un autre ordre: “Des testings devront être effectués. Les enfants et les instituteurs à risques doivent être écartés. Les classes devront être scindées en petits groupes. Or, il y a déjà une pénurie de professeurs. Si on ajoute à cela les cas de maladie, cela va être très compliqué à organiser.”

Selon un sondage réalisé par la Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel (FAPEO), 192 heures de cours ne peuvent être dispensées chaque année en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cela représente six semaines de cours. Ce déficit s’explique par un manque de personnel enseignant.

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