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"Ceux qui ne parlent pas néerlandais paieront leur interprète eux-mêmes"

Les primo-arrivants ou les allophones qui veulent faire appel à un interprète social pour, par exemple, se rendre chez le médecin ou à une réunion de parents, devront désormais le payer eux-mêmes. Voilà la décision de la ministre flamande de l'Intégration civique, qui met à cette fin de nouvelles règles en place.

L'Agence flamande de l'Intégration souffre d'un manque d'interprètes disponibles, révèlent les chiffres divulgués par Liesbeth Homans (N-VA) à la demande de la parlementaire flamande An Moerenhout (Groen). Actuellement, ce recours à des interprètes peut être invoqué par des enseignants ou des médecins dans le cadre de discussions de fond avec des primo-arrivants sur des sujets comme les résultats scolaires ou des problèmes de santé. "Cependant, plus de 9.000 demandes sont restées sans réponse l'an dernier", regrette An Moerenhout, qui reproche à Liesbeth Homans de dégager trop peu de budget pour ces traducteurs sociaux.

"Le décret, je vais l'appliquer à la lettre"
Pour la vice-Ministre-présidente flamande, c'est ailleurs que le bât blesse: "Les gens y font tout simplement trop souvent appel", rétorque-t-elle. "Depuis 2015, le nombre total de demandes à augmenté de 24% car tous ceux qui ne maîtrisent pas le Néerlandais ont désormais recours à un interprète de l'Agence, et pas seulement les primo-arrivants. Il y a de plus en plus de demandes d'allophones de la 2e ou 3e génération. Mais on parle de l'argent du contribuable, là!", se défend celle qui est aussi en charge de l'Égalité des chances.

Désormais, tout le monde devra payer son traducteur de sa poche. "Le décret d'Intégration est très clair là-dessus, ce n'est pas la tâche centrale de l'Agence de payer ces interprètes. Et ce décret, je vais désormais l'appliquer à la lettre", résume la Ministre.

Mauvaise blague pour les écoles
Désormais, c'est la partie demanderesse qui devra payer l'interprète social. Sauf que ce dernier ne peut être sollicité que par une organisation ou une institution, jamais par l'allophone lui-même. Cela signifie que Liesbeth Homans refile la facture aux écoles et au Centre pour le Bien-Être pour alléger les dépenses de l'Agence dont elle a la charge.

"Le but est qu'ils refacturent à l'allophone. À eux de voir s'ils le font ou pas", balaie Liesbeth Homans. Évidemment, le problème est que beaucoup ne sont pas solvables et que les frais incomberont inévitablement à l'enseignement et aux CPAS. "Non, car je pense simplement que cette mesure diminuera rapidement les demandes", affirme la Ministre nationaliste. Un discours qui n'a rien d'étonnant. La N-VA a en effet inscrit dans son programme électoral de reporter les coût sur les non-néerlandophones "afin de davantage les stimuler à apprendre le néerlandais".