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Corbeau et idées noires, recyclage... Les spécificités du Carnaval de Charleroi

Le Carnaval de Binche est évidemment le carnaval le plus réputé du pays. Il a d’ailleurs été reconnu Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) en 2003. Pour se démarquer, Charleroi doit innover. Et c’est ce que la ville fait en collaboration avec le Centre Culturel de Charleroi, l’Eden.

La Grande Parade du carnaval de Charleroi est la spécificité du carnaval carolo.  En son sein, on y retrouvera, par exemple, un Corbeau qui brûlera avec lui les idées noires des Carolos. Ces idées noires sous forme de messages chiffonnés ont été récoltées dans des sacs de jute suspendus à l’Eden. Celles et ceux qui n’ont pas eu le temps de les déposer peuvent encore confier leurs petits manuscrits aux Brèyôs tout au long de la Grande Parade. A la fin du carnaval, ils seront déposés dans le bec de l’oiseau de mauvais augure avant que celui-ci ne brûle en enfer.

Autre particularité de la Grande Parade: des tissus et des objets ont été recyclés. C’est un signe d’engagement qui vise à affirmer qu’une autre société – inclusive et résiliente – est possible.

D’ailleurs, les intervenants de cette Grande Parade seront très diversifiés: espaces citoyens du CPAS, maisons de jeunes, académies, écoles de danse ou de cirque, associations locales, mamies bricoleuses, pépés couturiers, jeunes danseurs hip-hop, musiciens, comités de quartier, habitants de Charleroi… Un cortège tout en couleurs et métissé. Il rassemblera environ 600 personnes.

Choix assumé

Le Directeur de l’Eden, Fabrice Laurent, assume volontiers ce choix éclectique: “À travers cette parade, nous œuvrons à la redynamisation du folklore du Pays Noir et surtout, nous défendons une vision utopique de notre société. Nous affirmons que tout le monde peut y trouver une place, quelles que soient ses capacités intellectuelles ou physiques, ses origines socio-culturelles, ses ressources créatives ou financières. Dans le contexte socio-économique que nous connaissons, la “Grande Parade” relève aussi le défi de la récup’ et du surcyclage, privilégiant une parade écologiquement responsable, sans moteur ni musique enregistrée… Autant de contraintes propices à l’innovation et la créativité.”

Préparation

Mais pour arriver à ce résultat, une grande préparation est de rigueur. C’est pourquoi depuis le 6 février, l’Eden a accueilli plus de 30 groupes de citoyen(ne)s dans ce qu’il appelle “La Grande Fabrique du Carnaval”. Les participants y confectionnent les costumes, y décorent les chars ou encore rendent vie au Corbeau.

En amont de cette “Grande Fabrique du Carnaval”, plusieurs ateliers visant à préparer le Mardi Gras avaient déjà été mis sur pied par les partenaires carnavalesques du Centre Culturel. C’est finalement au mois de septembre que tout a réellement commencé.